Sous l’eau, ou dos au mur ?

Sous l'eau, ou dos au mur ?

Cette sensation d'avoir le nez dans le guidon, de ne rien décider, de subir la vie... Ça vous parle ? Et celle de n'avoir qu'un seul choix possible pour régler sa vie... Ça vous parle aussi ?

Ce sont des sentiments que nous avons tous connus dans notre vie, au moins une fois. Parfois, ils sont tellement similaires, cette espèce de désespoir dans le plexus... qu'il est difficile de savoir de quelle situations il s'agit.

Pourtant, elles sont vraiment très différentes !

Il est très, TRÈS important de savoir où l'on se trouve lorsque ces sentiments de désespoir apparaissent. Est-on sous l'eau ? Ou dos au mur ?

Parfois, après avoir été sous l'eau pendant un bout de temps, on « touche le fond »... et on peut finir par avoir le dos au mur. Laissez-moi vous expliquer ce que je veux dire par chacune de ces expressions.

Et petite parenthèse bien sûr, pour chacun d'entre nous ces expressions peuvent vouloir dire des choses différentes.

Gardez simplement à l'esprit que les situations décrites, quels que soient les noms qu'on leur donne, sont réelles pour beaucoup à un moment ou à un autre de leur vie.

Sous l'eau

Que ce soit des responsabilités familiales, personnelles, professionnelles, peu importe.

On est sous l'eau quand le cerveau ne s'arrête plus, le bouton « OFF » ne marche pas, on est en hyperactivité cérébrale totale.

Il y a des insomnies, ou en tout cas on a du mal à arrêter de penser le soir car tous les sentiments se mélangent.

On n'a aucune visibilité sur le grand tableau, on est totalement absorbé par ce qui se passe et du coup, on ne peut rien anticiper, car on ne voit pas le chemin.

C'est peut être venu, tout doucement, une activité qui a augmenté progressivement et le sens de la responsabilité aussi.

C'était peut être accompagné d'un sentiment d'être utile, voire même indispensable, et on y trouvait notre compte, donc on a laissé la situation aller plus loin.

Sauf qu'à un moment donné, le cerveau sature, tout notre système sature. Même les personnes les plus fortes arrivent à bout à un moment. C'est proche de la définition du « burn-out », sans nécessairement aller jusque là.

L'avantage, c'est qu'au fond, rien de grave n'est arrivé. On a juste un peu forcé sur le système. Tout est facilement réglable encore.

La difficulté, c'est d'accepter le fait que si on arrête cette sur-activité, rien d'essentiel ne s'effondrera. Et ce qui s'effondrera n'était pas si essentiel que ça (ce qui n'existe qu'avec notre acharnement n'en vaut pas la peine).

C'est difficile d'arrêter de faire quand on a l'impression que les choses ne tournent que grâce à ça.

Toucher le fond

À un moment donné on se rend compte, brusquement ou doucement, qu'on n'en peut plus. La mémoire flanche, la réflexion est lente, on est crevé, le corps nous le fait savoir...

On peut certes continuer un peu avec cette inertie, mais on commence à se dire qu'il faudrait bien s'arrêter un peu. On commence à toucher le fond. Le fond de nos réserves d'énergie, le fond du trou.

On dit, il n'y a que quand on touche le fond qu'on peut rebondir. C'est vrai. Si on est suspendu dans l'eau, on se débat sans savoir où est la surface, vers où nager.

Ceci dit, ce que j'ai pu constater sur moi et sur d'autres, c'est qu'au fond de l'eau, on peut encore rester là et tenter d'explorer les profondeurs de l'océan.

Ainsi, beaucoup de personnes (moi y compris) ont tendance à passer un peu de temps à se « complaire » dans un état qui n'est vraiment pas idéal.

« Complaire » avec des guillemets, parce que parfois, tout simplement, ça fait du bien de se reposer un peu, de poser les armes, d'arrêter de se débattre de ses propres sentiments et ressentis.

Dos au mur

Dos au mur... C'est quand continuer dans le même rythme n'est plus possible, se complaire dans la « plainte » n'est plus satisfaisant.

Plus aucune solution habituelle ne marche. Plus aucune pensée habituelle ne nous rassure. En gros... nos choix semblent très limités. Et plus ça va... plus on se rend compte qu'en réalité, on n'a pas de choix du tout.

Quand on est dos au mur, il n'y a que deux directions possibles. 

Vers l'avant : pour tout défoncer comme un bulldozer, forcer le destin au sens propre. On ignore complètement les raisons pour lesquelles les choses ne marchent pas, et on les fait marcher. Point. Parfois ce peut être la meilleure solution, si elle reste à court terme. 

L'autre possibilité est d'aller vers le haut, escalader le mur. En gros on s'élève au dessus de notre niveau et état de conscience habituels, puisqu'il ne nous donne plus aucune satisfaction.

C'est véritablement là qu'on avance et que de nouvelles portes s'ouvrent à nous. 

Alors comment discerner les trois sentiments ?

Parmi les trois sentiments, dans celui d'être sous l'eau, c'est surtout le désespoir qui prédomine. Aucune solution ne se dessine, et à dire vrai, on ne la cherche pas. On a trop le nez dans le guidon pour ça. 

Avant ou avec le désespoir, on peut encore ressentir un certain sentiment de satisfaction/d'orgueil. Tout le monde aime et à besoin de se sentir utile alors c'est normal.

Ceci dit ce sentiment n'est pas toujours conscient. Mais s'il est là, il peut être révélé dans un moment où on vous propose de vous aider, de vous arrêter, de ralentir. Si on dit non... c'est qu'on y trouve encore son compte. 

Ensuite, avoir touché le fond implique que nos capacités à accomplir les tâches commencent déjà à baisser. On a moins d'énergie, moins envie. On est moins vif, de corps et d'esprit. Mais on n'est pas encore prêt à s'en sortir.

On a quelque part envie de se laisser aller à cet état. Et vraiment, c'est normal et souvent il FAUT s'y laisser aller, juste avec la bonne intention.

Non pas se plaindre, mais explorer cet état de l'intérieur et trouver la clé pour s'en sortir. Mais encore une fois, à ce stade-là, on n'en est pas encore à la recherche de la solution. Souvent on n'en a pas envie. 

Enfin, avoir dos au mur en revanche, c'est en avoir marre d'en avoir marre. Là on n'en peut plus de se sentir mal et on commence à escalader.

Parfois on fonce dans le tas d'abord histoire de tester, mais le mur nous rattrape. Alors on grimpe. On tombe, on se fait mal, on recommence, on retombe...

Et à ce stade, on sait qu'il faut monter avec autant de certitude que le fait qu'il faille respirer. Aucune chute ne nous fera renoncer, ça devient une partie de notre mouvement naturel dans la vie. 

And the winner is...

La bienveillance.

The winner is la bienveillance avec soi même. On ne pourra probablement jamais vraiment éviter de passer par toutes ces phases.

Si vous les éliminez complètement de votre vie, appelez-moi ! Soit vous ne vivez pas, ou alors vous êtes monté au rang de Bouddha. Dans les deux cas, on peut parler !

Alors si on ne peut pas éviter tout ça... autant l'accepter. C'est là que commence la bienveillance. Nombreux sont ceux qui, tout en vivant ces phases là, se jugent en permanence, s'en veulent. Ce n'est pas productif non plus.

Bien sûr, la phase où le progrès est le plus flagrant c'est l'escalade du mur. Mais avant d'y arriver, on a avancé aussi (non, on n'a pas reculé), mais c'était sous la surface, invisible. Mais tout aussi important.

Courage sur votre chemin !

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