Se donner le droit… de regarder par les trous des serrures !

Se donner le droit… de regarder par les trous des serrures!

J’ai toujours été quelqu’un qui aimait déroger aux règles établies. Un peu turbulente en classe, je transgressais les règlements ou, à tout le moins, je les remettais en question.

De nature curieuse, pleine d'imagination, j’aime aller voir ce qui se cache derrière les portes… Jamais de manière à me mettre dans le pétrin, mais assez pour ressentir un certain danger, une dose d’adrénaline.

J’arrive d’un voyage en Europe, plus précisément en Angleterre, où je suis allée retrouver une amie. Nous sommes allées visiter une abbaye extraordinaire qui date du 12e siècle. Magnifique, majestueuse, imposante !

À l’intérieur, il y avait plusieurs endroits retirés, sombres, intrigants… Ces espaces étranges, visités par tant d’âmes depuis tous ces siècles, ont laissé place à mon imaginaire.

Place à l'imagination

Je me suis questionnée pour savoir ce qui se tramait, à l’époque moyenâgeuse, dans ces recoins, m’imaginant un moine austère sermonnant un pauvre lépreux mal foutu qui avait trop faim pour se défendre…

Ou des rencontres fortuites entre personnes malveillantes qui chuchotaient des plans machiavéliques pour recevoir la bourse d’argent. Ils portaient des capes pourpres et sales avec le capuchon sur la tête pour mieux se camoufler. Ils avaient des boutons au visage et des dents noires… Avouez que vous les voyez !

Qui sait tout ce qui s’est passé dans cet espace sacré plein de lourdeur et de symboles culpabilisants ! Tout ce pouvoir qu’on donnait aux gens d’Église, particulièrement à cette époque…

Les portes donnant accès à ces endroits mystérieux (mystérieux parce qu’on n’y a pas accès…) étaient plus petites que le standard d’aujourd’hui, et le haut formait une arche comme à l’époque romane. Les gens étaient moins grands… et toutes les portes avaient des serrures !

Place à la découverte

Aujourd’hui, elles ont été changées pour plus de sécurité, mais les trous faits par les anciennes serrures sont encore béants. Oh ! Que ma curiosité était émoustillée !

Aller regarder dans le trou pour découvrir ce qui se trouve derrière... Comment résister ? Au grand découragement de mon amie, j’étais incapable de me retenir. « Voyons, Catou, fais pas ça, ça ne se fait pas ! »

Pourquoi (j’ai soudainement quatre ans et je demande pourquoi à tout bout de champ) ? POURQUOI ?

Parce que je vais aller en enfer, sérieusement ? Parce que je vais recevoir quelque chose dans mon œil qui arriverait de l’autre côté ? Parce que je serai jugée ? Probablement que c’est parce que, d’une manière ou d’une autre (ici-bas ou dans l’au-delà), je serai JUGÉE.

Aaaah ! (Faites cet « Ah » avec l’intention que vous voulez : compréhension soudaine, exaspération, libération de quelque chose…)

Peur du jugement

Personnellement, c’est un « Ah » de profonde exaspération qui sort. Être jugé, encore et toujours. Avoir tellement peur du jugement que la spontanéité est soudainement anéantie.

On se retient dans tout, on ne fait plus rien, on est docile, on rentre dans le rang. Voilà, plus rien qui retrousse… Quel ennui !

Et fini l’imaginaire qui fait peur, qui fait rire, qui émeut. Qui donne le vif sentiment de vivre à fond. Que c’est triste quand on n’a plus d’espace pour laisser aller son imagination !

Tant pis !

J’ai assumé que je serai jugée et j’ai suivi mon élan délinquant ! Soudain, phénomène extraordinaire, j’ai ressenti la même chose que lorsque j’avais cinq ou six ans, avec mes cousins, cousines, au jour de l’an, au presbytère d’un oncle de ma mère, à Saint-Roch-de-l’Achigan.

On se sauvait en cachette pour aller courir dans l’église silencieuse, austère et impressionnante. Oh ! Qu’on avait peur ! On restait ensemble et on courait à toute vitesse dans les allées vides, mais pleines de présences...

On avait peur de voir des apparitions et, quand nos parents nous surprenaient, c’était une délivrance de sortir de là. Quel souvenir exaltant !

Dans les trous de serrure de l’abbaye, je n’ai pas vu grand-chose : des amas de chaises, les unes par-dessus les autres, des espaces sombres et vides, des pupitres. Mais là n’était pas la question.

Se donner le droit

La question était plutôt de m’accorder le droit de transgresser une loi (non écrite par-dessus le marché !), et de me donner un kick d’adrénaline pour nourrir ma curiosité et avoir du plaisir !

J’ai résisté quelques fois, pour ne pas trop choquer mon amie, mais j’y suis quand même allée à plusieurs reprises… pour MOI !

Y a personne qui va m’empêcher de regarder par les trous de serrure, parce qu’à l’aube de mes 50 ans, je trouve nécessaire, formidable et euphorisant d’avoir l’impression d’en avoir 5, de laisser place à mon imagination et de me sentir en vie.

Parce qu’on dit toujours de garder notre cœur d’enfant. Si je ne fais rien pour, je vais le perdre. Logique, non ?

Je vous invite à aller voir les endroits sombres et mystérieux de votre vie. Qui sait ce que vous y découvrirez ? Des amas de chaises ou des mondes intérieurs merveilleux !

Bonnes découvertes!

Ensemble, vitaminons nos vies! Laissez vos commentaires/questions dans la boite ci-dessous!

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