refouler émotion intérieur

Recoller les morceaux à l’intérieur de soi

Récemment, j’ai eu une discussion avec un très bon ami à propos des échanges les plus habituels qui ont lieu entre les personnes qui ne se connaissent pas ou peu.

Nous avons tous les deux constaté que souvent, ces échanges tournent autour de choses assez superficielles (au sens propre, pas au sens péjoratif), comme le travail, les activités, les voyages, parfois la situation familiale... Le temps qu’il fait, les projets de vacances, les origines, le lieu de résidence, etc. Nous le faisons presque tous, à tel point que beaucoup d’entre vous en lisant ça se sont dit « bah oui, mais c’est normal ».

Normal, certes... Mais normal dans quel sens ? Habituel, confortable, standard, oui... Mais naturel ? Pas tellement. Qu’est-ce qu’il y a de naturel à avoir une personnalité donnée au travail, et une complètement différente dans la vie perso ? Qu’est-ce qu’il y a de naturel à réprimer ses émotions et ressentis à tel point qu’on n’ose même plus les montrer même avec nos proches ? Qu’est-ce qu’il y a de naturel à protéger une image de personne forte, alors qu’au fond, on a mal et on crève d’envie que quelqu’un entende notre cri intérieur ?

Ce n’est pas normal et ça fait mal

Moi je dis : rien. Il n’y a rien de normal à ça. Surtout que ça va loin : le paradoxe le plus criant est que nous revendiquons le fait de ne pas parler de notre vie personnelle ou de ne pas « raconter nos problèmes » sauf à quelques personnes très proches, nous revendiquons une force et une pudeur qu’en réalité nous n’avons pas, puisque nous en voulons aux autres de ne pas nous voir pour ce que nous sommes, de ne pas s’intéresser à nous, de ne pas deviner que nous puissions ne pas être des superhéros…

Nous croulons sous le poids de nos émotions refoulées et nous en souffrons, ça nous prend une énergie monstrueuse rien que pour maintenir les différentes « personnalités de façade », et nous y sommes tellement habitués que nous ne nous en rendons même pas compte.

Ce qui m’a réellement motivée à écrire cet article, c’est que justement, j’ai commencé à m’en rendre compte. Ces derniers mois le ressenti allait crescendo, et ces derniers jours, ça explose !

Ça fait mal de me rendre compte de toutes les situations où ce que j’exprime est juste adapté à l’interlocuteur et ne transmet pas du tout le monde intérieur.

Ça me fait mal de ne pas arriver à regarder quelqu’un dans les yeux par peur de trop en « dire » sur ce qui se passe en moi.

Ça me fait mal d’avoir la sensation de passer d’un monde à un autre, suivant les personnes avec qui je me trouve, parce que ça ne fait que me montrer à quel point ça témoigne d’une division à l’intérieur de moi.

Cette division devient juste insupportable. C’est insupportable parce que dans chaque situation où je sais que je laisse de côté une partie de mon monde intérieur, j’ai l’impression d’être une totale imposture, de mentir, de ne pas être honnête, car absolument pas authentique, pas « entière ». Chaque phrase qui est prononcée est un couteau planté en plein cœur si elle cache le vécu intérieur du moment.

Ne pas refouler ne veut pas dire tout déballer

Bien sûr, il y a des moments où ce n’est pas approprié, où ce n’est pas nécessaire de déballer tout ce qui se passe en nous. Et bien sûr, il y a des moments pour parler d’un sujet précis, se concentrer sur quelque chose qui a besoin d’être fait. Mais, ces moments-là ne contredisent en rien le fait d’être authentique, si on le fait consciemment.

Comme dit Eckhart Tolle, au lieu de passer notre temps dans le passé ou le futur avec de brèves et rares visites dans le présent, passons la plupart de notre temps dans l’instant présent, avec des visites dans le passé et le futur lorsque c’est vraiment nécessaire.

Cette suggestion, je ne l’avais jamais comprise jusqu’à il y a quelques jours, jusqu’au moment où j’ai commencé à réaliser de façon explosive ce dont je parle ici. La douleur de la division. Mais, aussi et surtout, la joie et la liberté de l’unité. Dans l’instant présent, la peur de « trop » montrer n’existe pas, la peur de la réaction de l’autre n’existe pas. La seule chose qui existe, c’est la vérité de cet instant. Qu’il soit joyeux, triste, plein d’amour, plein d’émerveillement, ou plein de nostalgie, de douleur… peu importe. Ce qui est là est tout simplement là. Et c’est beau, quoi que ce soit.

Et j’ai ressenti, vécu ce que ça fait quand on est « un » à l’intérieur de soi à chaque instant. C’est beau et fort à en pleurer. Une liberté d’être indescriptible. Plus besoin de cacher quoi que ce soit, plus besoin d’avoir peur, de se protéger, de faire semblant, de s’inventer des histoires. Il n’y a plus que cette sincérité qui infuse tous les atomes de ce que nous sommes et nous remet en harmonie avec tout ce qui nous entoure, avec la vie.

Je vous assure… on peut lire ces paroles mille et une fois et les entendre autant de fois, mais quand on le vit… ça transforme. Est-ce un hasard que mon petit message du jour sur le sachet de thé était « Laissez votre cœur parler aux cœurs des autres » ? 🙂

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