Quand le cancer frappe

Quand le cancer frappe!

Une vague de nostalgie m’envahit toujours quand je repense à cette matinée d’automne 2006, dans l’église d’un petit village. Que sa photo sur le cercueil.

À l’aube de la quarantaine, Marie avait finalement succombé après quatre ans de lutte contre le cancer. Des funérailles si paisibles que j’avais l’impression d’assister à un événement heureux comme un mariage ou un baptême.

Telle une fée, mon amie était partout : dans la luminosité amplifiée par les vitraux, dans le vent qui soufflait au-dehors et dans la sérénité qui régnait sur la plupart des visages.

Mais pourquoi elle ?

Un modèle à suivre

J’ai connu Marie en plein cœur de mon adolescence au cours de mon premier emploi d’été. Une patronne exemplaire que j’admirais profondément. Rêvant de devenir moi-même une femme d’affaires, j’ai vite trouvé en elle un modèle à suivre.

Malgré son jeune âge, elle affrontait les situations difficiles en faisant preuve d’amour et de sagesse. Lorsque mes parents ont fait l’acquisition d’un restaurant, j’ai hélas perdu de vue mon idole.

Mais grâce à des amies communes, je la croisais de temps à autre. Chaque fois, elle éveillait le meilleur en moi, par son mode de vie équilibré, son regard franc et son sourire contagieux.

Jamais je n’aurais cru qu’elle nous quitterait si vite.

Le diagnostic

Elle a reçu son diagnostic de cancer quelques mois après la naissance de la deuxième fille. Un véritable tsunami pour son entourage.

Elle était une combattante, une guerrière de premier ordre. Elle n’allait pas baisser les bras, oh non! Un seul désir l’animait : voir grandir ses enfants.

Aussi a-t-elle amorcé une authentique croisade, s’ouvrant à toutes les méthodes de guérison possibles. Son courage se voulait immense, au point où elle s’est mariée dès l’annonce de sa rémission.

Une héroïne? Certainement!

Marie ne savait faire autrement que de croire en l’Infini, malgré la menace qui planait autour d’elle.

Le mystère!

« Récidive » m’annonça ma copine quand je lui ai demandé des nouvelles de notre amie commune. Les derniers mois ont sûrement été un long calvaire. Elle refusait de quitter la maison pour l’aile des soins palliatifs.

Comme elle était constamment alitée, les plaies s’accumulaient de semaine en semaine sur son corps. Chaque matin, elle rassemblait toutes ses forces pour se rendre au balcon et saluer sa grande qui prenait l’autobus.

Pas de plaintes, pas de soupirs, que de la douleur autant dans sa chair que dans son cœur de mère. Et dire que j’ai voulu expliquer, justifier sa situation! Tous ces livres prétendant avoir une réponse médicale ou métaphysique sur le cancer, je les aurais balancés au bout de mes bras.

Car des réponses, il n’y en aura jamais. Ne reste que le Mystère.

Une douceur indescriptible

Quelques jours après son décès, je berçais mon fils de neuf semaines. À un certain moment, j’ai senti une douceur indescriptible nous envelopper.

Beauté et lumière tournoyaient dans la pièce et j’ai cru l’entendre : « Marie-Josée, si tu pouvais seulement voir chaque personne et chaque situation avec ton cœur, tu serais à jamais forte de la certitude que la Vie ne peut s’éteindre. Elle triomphe sans cesse de ce que tu appelles la mort. »

Inévitablement, mon amie a rejoint le pays des fées... mais je crois, de toute mon âme, que ce n’est pas le cancer qui a eu le dernier mot.

Au-delà de ce monde, plongée dans la lumière de l’Éternité, Marie a triomphé!

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour haut de page