Le courage de grandir !

Le jour vint où mon cœur était assez fort pour prendre la parole et être vraie avec moi-même.

J'avais passé de nombreuses années à essayer d’être la « raisonnable ».  J’avais le syndrome de la «bonne fille». Celle qui était convaincue que pour être une bonne personne, je devais rationaliser le comportement de certaines personnes de mon entourage. Au nom de la famille! De l’amitié! De l’amour!

Pendant des années, ma stratégie était de garder l’ordre dans le désordre et de trouver le moyen d’accepter ce qui était dit, fait, ou demandé.

L'heure du grand ménage

Et puis est venu le moment où le poids d'accepter ce fardeau était trop lourd à porter.  « C’est assez. Je me choisis et je fais le grand ménage. » 

Membres de la famille, certains amis, mon amoureux de l’époque, tout y est passé. « Nous sommes à la fois trop dysfonctionnel pour être dans la vie de chacun. Je vous souhaite vraiment le meilleur ... Vous pouvez me blâmer si vous voulez ... mais c’est ce que j’ai besoin et c’est ce que je veux. » Cela a toujours été ma porte de sortie. Prendre la responsabilité sur moi (qu’elle m’appartienne ou non) afin de maintenir la paix.

Ce jour-là, j’ai eu le sentiment d’avoir grandi de 6 pouces, je ressentais un « boost » de confiance de m’être enfin tenue debout. J’étais tellement fière de moi ! Je me sentais légère et j’applaudissais le grand pas que je venais de faire. Je n’avais plus à faire face à ces accusations ou à ces demandes. J’étais libre, en charge de moi et plus des autres. Woo Hoo !

Puis, très lentement, ce sentiment s’est transformé. Les mêmes dialogues internes recommençaient à jouer. Tout doucement, les doutes se glissaient dans mon esprit. Je me sentais seule et mauvaise. J’étais submergée par un flot d’émotions qui menaçait de me noyer.

Grand temps de se regarder !

Je suis devenue inquiète croyant que j'avais peut-être fait une terrible erreur. Mes croyances sur mon identité, qui je suis, changeait (pas lentement mais sûrement !). Je ne suis plus la sauveuse. Je ne suis plus la protectrice. Je ne suis plus celle que tout le monde trouve forte.

Je n’avais pas compris qu’en étant le parent de substitution dans ma famille, la justicière pour mes amis et la mère pour mon amoureux, je me retrouvais face à moi n’ayant plus de « dossier » à gérer sauf le mien.

La douleur était intense. La colère, les souffrances et l'amertume et j’étais convaincue que c’était ma vie qui m’étouffait. Je me souviens combien c’était affreux de faire semblant que tout allait bien alors que je me promenais l’âme dans une continuelle torture.

Des années de ressentiments enterrés ont commencé à refaire surface comme les icebergs qui émergent des profondeurs pour venir se briser à la surface. Des sentiments, enfouis au plus profond de moi, étaient désormais exposés. Et pour la première fois, j’ai su ce qu’était être vulnérable…et laissez-moi vous dire que c’était totalement inconfortable et pas plaisant du tout !

Acculé au mur...

J’étais dans une impasse ne pouvant plus reculer mais ayant de la difficulté à avancer.  Un pied dans l’ancienne Céline et un pied dans la nouvelle.  J’étais en train de faire la « split ».  J’ai réalisé que lorsqu’on est dans cette position, il est beaucoup plus facile d’avancer le pied de derrière vers l’avant que de prendre le pied de devant et de le ramener vers le derrière.  Faites l’exercice, vous verrez !

Je suis allée chercher de l’aide et j'ai investi en moi. J’ai ragé. J’ai râlé. J’ai pleuré. J'ai lu. J’ai médité (ce fût long avant que j’y arrive). J’ai écrit un Journal de bord quotidien. J’avais l’impression que ça ne fonctionnait pas pour moi. C’était quoi mon problème ?

Je suis supposée d’aller mieux… quand est-ce que je vais être mieux… c’est long… C’était supposé bien aller une fois que tout ce beau monde aurait été « clairé… » Qu’est-ce qui m’arrive ?  Je l'avais toujours eu l’affaire, il me semble !  Assister à mon propre effondrement, habitée par ce sentiment d’impuissance, était tellement terrifiant.

J’ai réalisé à quel point je me servais, bien sûr inconsciemment, de tous ces « dossiers » pour m’étourdir et ne pas avoir à me regarder en face. Je croyais vraiment que je les sauvais alors que c’était eux qui me sauvaient en me donnant une valeur d’importance et de sens même si ce n’était qu’illusoire.

La grande réalisation

Trop occupée, je ne m’étais même pas rendue compte à quel point j’étais déconnectée de moi. Et je me suis même demandé, si je l’avais déjà été…  Une petite fille dans un corps de femme.  35 ans mais avec un âge émotionnel de 12 ans !

Plus facile de regarder les autres et de voir ce qu’ils ont à faire ? Ce n’est pas toujours aussi simple et évident pour nous, n’est-ce pas ? J’ai appris à me mêler de mes affaires… je suis devenue responsable et il était grand temps ! J

Puis, j’ai pris mes responsabilités. J’ai sincèrement, accepté que ce rôle que je jouais était juste pour moi, pour me donner bonne conscience, et pour acheter la paix. Je me nourrissais de cette illusion d’importance, je me donnais une certaine valeur à travers toutes ces relations et ces acceptations !

Ouf, quelle prise de conscience !  Ce que je n’avais pas réalisé c’est qu’en fait, c’est ce jour-là que je suis réellement venue au monde et que j’ai commencé à vivre.  Le jour où j’ai ouvert la porte pour voir ce qu’il y avait derrière.

Aujourd’hui, je suis très reconnaissante envers cette écoeurantite aïgue qui m’a forcé à vouloir cette liberté qui m’a finalement donné le courage de grandir.

Et puis, le jour est venu

J'ai persévéré et un matin je me suis soudain rendue compte que je me sentais en forme et souriante à mon réveil. Ce qui était nouveau. Puis très lentement, d'autres pensées ont commencé à faire leur apparition. Ce fut un processus subtil inexplicable alors que j’étais convaincue que ça ne fonctionnait pas quand, par une autre journée ordinaire, j’ai saisi que j’étais bien.

Il y avait une énergie d'amour et de douceur qui s’installait et qui m’aidait à créer de nouvelles pensées et croyances à mon endroit. Et j’entendais, tel un mantra : « Je suis okay. Ça va être okay. Tout va bien aller. »

Je continue de me découvrir et non seulement j’accepte mais je veux absolument grandir.  J’ai atteint un tout autre niveau d’authenticité, de vulnérabilité et qui me fait vivre la plus belle relation d’amour qui soit, celle avec MOI !

Est-ce qu’il est temps pour vous de dire « c’est assez » ? Oserez-vous aller voir derrière la porte ? Est-ce que c’est le moment d’avoir le courage de grandir ?

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