La solitude: amie ou ennemie?

La solitude: amie ou ennemie?
Combien de fois avez-vous pensé, pendant le tourbillon du métro-boulot-dodo : « Comme j’aimerais être seul pendant quelques jours ! La paix… La sainte paix ! Enfin du temps juste pour moi ! »

Bien que nous souhaitions parfois connaître un état solitaire, serions-nous déstabilisés si nous devions vivre dans la solitude ?

La solitude : une amie précieuse

Quels sont les éléments gratifiants que peut nous octroyer cet état ? N’y a-t-il pas de grands bienfaits à prendre le temps de s’isoler pour se recentrer, réfléchir et s’occuper de nous ? Ou juste pour rêvasser aussi.

On a besoin de solitude pour faire le point avant de se lancer dans certaines modifications de vie, ou pour s’apprivoiser et ne pas chercher continuellement à se définir par les autres.

Un espace à soi

Pourquoi garder les chambres des enfants intactes alors qu’elles servent seulement quelquefois par année ? On peut facilement s’y créer un espace personnalisé avec un futon ou un fauteuil confortable. Cela peut devenir un lieu de méditation, de lecture ou d’exercices.

Une autre suggestion serait d’aménager un coin du salon avec quelques objets qui vous sont chers, une jolie lampe, de belles photos, juste pour le plaisir d’être bien avec soi.

La solitude forcée

On peut être seul… à deux. Parfois, vivre seul vaut mieux que de rester en compagnie de quelqu’un qui nous ignore.

Il y a aussi le sentiment de se sentir délaissé, de ne pas recevoir de nouvelles des siens : les gens sont tous plus occupés les uns que les autres. Curieusement, depuis l’avènement de l’Internet et des réseaux sociaux, l’effet de rapprochement escompté ne se matérialise pas toujours.

Aussi, à certains moments, un passage imposé peut nous entraîner dans l’isolement : un décès, une séparation, un déménagement obligé.

La solitude est alors plus lourde à porter. On n’y est pas préparé et on est plongé dans un tourbillon qui nous fait peur. Parfois, ce n’est qu’au prix d’une traversée du désert que nous pouvons remonter la pente et opérer les choix nécessaires.

Que les gens qui vivent seuls lèvent la main ! Hé ! Nous sommes vraiment nombreux !

Selon l’Institut de la statistique du Québec, le tiers des ménages serait actuellement composé d’une personne seule, notamment à cause des unions plus tardives, de l’instabilité conjugale et du vieillissement de la population.

Une réalité de plus en plus présente mondialement

Récemment, j’ai été estomaquée d’apprendre qu’en Grande-Bretagne, depuis janvier 2018, un « ministère de la Solitude » a été créé.

Oui, vous avez bien lu : un « ministère de la Solitude »! La ministre en poste favorise les initiatives proposées pour briser l’isolement des personnes âgées ou célibataires.

À Stockholm, en Suède, 58 % des habitants vivent seuls. Également, au Japon, il existe une agence de « location d’amis »! Cette agence a même huit bureaux à travers le pays.

Et chez nous?

L’an dernier, dans le cadre du programme fédéral Soutien aux initiatives du Secrétariat aux aînés, quatre organismes de la région de Québec ont obtenu des subventions pour dépêcher des « sentinelles » dans les centres commerciaux, les Tim Hortons et les McDonald’s afin de dépister et d’aider les personnes à risque d’être isolées.

Toutefois, nous avons maintenant une ministre des Aînés et des Proches aidants, preuve que cette situation touche aussi le Québec de plein fouet.

Nous sommes faits pour les relations

Le Dr Martin Juneau, cardiologue et directeur de la prévention à l’Institut de Cardiologie de Montréal, affirme ceci : « Toutes les études le prouvent : l’interaction sociale est la pierre angulaire de l’espérance de vie et a plus d’impact sur la santé que la génétique, l’argent, le type d’emploi ou même le taux de cholestérol ».

Conséquemment, un déficit dans ce domaine est même considéré comme un problème de santé publique aussi grave que le tabagisme ou l’alcoolisme.

D'ailleurs, à ce titre, nous pourrions prendre exemple sur les centenaires vivant sur l’île d’Okinawa, au Japon, où une tradition ancestrale oblige les personnes âgées à rencontrer cinq amis par jour.

Solitude et aînés

Et il y a la solitude des aînés. Ma famille et moi avons accompagné notre mère dans ses 10 dernières années de vie, d’une résidence autonome à un CHSLD. Nous avons vu son réseau de rencontres s’amenuiser au fil du temps.

À la fin, seuls mon frère, ma sœur et moi étions autour d’elle. Je suis très consciente que d’autres individus vivent une condition similaire.

Vivre seul ne veut pas dire vivre sans les autres ou se sentir seul.

« Vis maintenant !

Risque-toi aujourd’hui !

Agis tout de suite !

Ne te laisse pas mourir lentement !

Ne te prive pas d’être heureux ! »

Ainsi, ce poème, attribué à l’écrivain chilien Pablo Neruda, me fait penser que l’important, pour garder l’ÉQUILIBRE, serait de pouvoir alterner entre les passages d’isolement et ceux de partage.

Voici quelques pistes à votre portée

  • Renforcez votre réseau social en vous joignant à un groupe de marche, de danse, de lecture ou environnemental. Inscrivez-vous à un atelier sur la généalogie, débutez en peinture ou en musique.
  • Partagez avec des amis ou des voisins vos connaissances sur le tricot, l’artisanat, l’ébénisterie ou le jardinage.
  • Pourquoi ne pas vous procurer un animal de compagnie ? Lorsque vous sortirez le chien, vous rencontrerez inévitablement d’autres amoureux des animaux.
  • Sortez prendre un café avec un ami ou une amie, ou juste pour lire le journal. Allez au cinéma, au musée ou assistez à un spectacle qui serait intéressant, amusant et agréable. Jouez aux quilles pour le plaisir. Voyagez avec un groupe d’intérêt commun.

D’autres idées pour briser la solitude

  • Dans ma ville, il y a un Centre de Femmes très dynamique où j’ai participé quelques fois à des discussions et échanges sur des sujets divers. Des femmes de tous âges et tous horizons s’y rassemblent régulièrement pour fraterniser.
  • Pour les personnes qui aiment parfaire leurs connaissances et leur culture, des cours et des ateliers sont offerts par l’Université du troisième âge (Université de Sherbrooke), le programme Les Belles Soirées (Université de Montréal) ou d’autres organismes un peu partout au Québec.
  • J’ai lu, récemment, qu’un enseignant d’histoire dans la trentaine, las de la précarité de son statut au cégep, a démarré une petite entreprise de cours destinés aux retraités. Il enseigne régulièrement à 150 participants, et ses exposés sont courus d’Alma à Saguenay et à Roberval. Dans tous ces cas, il n’y a pas d’examens ni de diplôme : juste le plaisir d’apprendre. « En plus, on revient à la base, dit cet enseignant, car on apprend pour changer la société. »
  • Enfin, il est aussi toujours possible de vous joindre au Centre de Bénévolat local ou au Comité des Loisirs d’une résidence pour personnes âgées. Une collègue très occupée a même eu recours aux services d’une dame de compagnie pour venir passer quelques heures avec sa mère : jouer aux cartes et jaser de tout et de rien. Par expérience, je peux vous confirmer que les besoins sont immenses.

Dès la fin de cette lecture, pourquoi ne pas appeler quelqu’un à qui vous n’avez pas parlé depuis quelque temps ? Votre tout petit geste peut modifier la vie d’une personne et, en prime, cela pourra vous revenir.

Commencez par revoir vos habitudes en ne vous condamnant pas à rester seul. Explorer des avenues différentes pour se sentir vivant ? Pourquoi pas ?

Ensemble, vitaminons nos vies ! Laissez vos commentaires/questions dans la boite ci-dessous !

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