La réponse assertive : authenticité, douceur, mais fermeté

La réponse assertive : authenticité, douceur, mais fermeté
Avoir un comportement non verbal assertif s’observe dans une gestuelle calme, posée, non menaçante et qui démontre l’égalité dans la relation.

Avant de répondre d’une façon impulsive, sèche et sanglante, il est important de prendre le temps de vérifier si votre interlocuteur et vous-même avez bien compris l’argument de l’autre, car il arrive que la confrontation soit inutile et découle d’un manque de communication simplement.

Avoir un regard calme aidera à apaiser la communication, car si vos yeux veulent fusiller l’autre, celui-ci voudra en faire tout autant. Rappelez-vous que vous apportez vous-même une grande part de communication non verbale autant que votre interlocuteur. Il vous lit autant que vous le lisez.

Prenez soin de rester ouvert. Un torse dégage sans être bombé, un regard direct sans insistance, une tête qui acquiesce lorsque vous comprenez ses propos. Restez au centre sans donner priorité à quiconque afin de ne pas démontrer un rejet par exclusion, c’est à dire exclure votre interlocuteur du regard.

Focalisation au niveau du regard

Par contre, si vous tenez à votre point, vous avez le droit d’avoir un regard direct mais non dominateur, si vous voulez vous affirmer sans briser la communication. C’est ce qu’on appelle une focalisation au niveau du regard.

Si votre menton baisse légèrement en axe sagittal inférieur, vous démontrez que vous ne voulez pas confronter mais bien vous expliquer. N’oubliez pas qu’un torse positionné en face de son interlocuteur démontre de l’intérêt et de l’importance si les autres indicateurs sont toujours détendus.

Être en désaccord ne veut pas dire être fermé et donner une importance aux propos de l’autre dans l’argumentation ne veut pas dire lui donner raison.

En d'autres termes, en respectant les besoins de quelqu'un, cela ne vous oblige pas à les remplir. Mais il est important de les reconnaître.

Les bras croisés, avec une main qui est toujours visible, des épaules détendues et un cou souple dans ses mouvements, dénotent une concentration et une position de retour sur soi qui n’est pas négative.

Vous pourriez être dans une incompréhension douteuse à l’égard de votre interlocuteur, visible par votre axe rotatif droit: c’est-à-dire votre côté droit du visage qui est soudainement propulsé vers l’avant.

Mais si vous avez d’autres indicateurs non verbaux qui sont réconfortants, comme des sourcils dont les coins intérieurs montent légèrement vers le haut pour montrer que vous n’êtes pas fâché, des hochements de tête pour développer un brin de complicité, gardez le lien avec votre interlocuteur et démontrez votre ouverture, tout devrait bien se dérouler.

Selon vous, quelle est l’importance, en pourcentage, des mots dans la communication?

20 % à 50 %? Eh bien, détrompez-vous! Albert Mehrabian[1] en a fait la quantification en 1972.

Mehrabian montre que le contenu des mots ne représente que 7 % de la communication! À côté des mots, 38 % de la communication est imputée à l’expression vocale (le ton, le timbre, l’intonation de la voix) et 55 % à la communication non verbale.

Il est le premier à traduire par des chiffres l’importance du langage non verbal par rapport à celle des mots. Ces chiffres sont encore et toujours une référence dans plusieurs cours universitaires.

Un protocole limité

Cependant, l’interprétation est biaisée puisque le protocole scientifique était alors très limité.[2] En somme, les résultats ne sont valables que :

  • pour une population féminine particulière (dont les critères de sélection n’ont pas été détaillés)
  • si la personne qui parle ne dit qu’un seul mot,
  • si le ton de la voix enregistrée est sans cohérence avec le sens du mot,
  • et si le jugement se porte sur les sentiments ou l’état d’esprit de la personne qui parle.

Bon, ceci étant dit, il ne s’agit pas de jeter à la poubelle toutes les recherches scientifiques qui ont un protocole limité. En fait, l'intérêt n'est pas tant dans les pourcentages que dans la reconnaissance statistique de l'importance de la communication non verbale à l’intérieur de la communication.

Donc, un pourcentage important de toute communication interpersonnelle est non verbal, c’est-à-dire d’origine corporelle et découle des gestes et de la voix. Il est question des fondements du langage corporel pour découvrir, décoder et comprendre la communication non verbale de votre interlocuteur.

Prenons l'exemple d’un professeur d’université qui parle pendant une heure trente de la théorie de Newton. Le contenu est très intéressant mais cette personne n’a aucune variation de ton; donc, aucune intonation selon l’importance de ses propos et, en plus, cette personne ne bouge pas du tout! Quel serait donc votre niveau d’écoute? Pas très élevé, n’est-ce pas?

3 niveaux de communication

Un bon communicateur utilise ces trois niveaux de communication. Les mots, le ton/timbre de la voix et les gestes. Par cette communication, il stimulera triplement son interlocuteur par :

  • un discours intéressant : l’interlocuteur sera stimulé intellectuellement;
  • un ton et un timbre de voix qui viendront accentuer l’importance de ses propos : l’interlocuteur devra bien écouter pour interpréter ces variations;
  • l’utilisation complète de son espace où les gestes viendront stimuler visuellement l’interlocuteur qui en aura plein les yeux.

La communication assertive

D’un côté, vous trouverez la passivité et, de l’autre, l'agressivité. La passivité résulte souvent de la conviction que « mes besoins ne comptent pas » alors que l’agressivité résulte souvent de la conviction que « vos besoins ne comptent pas ».

Être assertif doit être un équilibre entre les deux. L'affirmation de soi est l'art d'organiser les besoins de chacun avec soin,  y compris les nôtres.[3]

Beaucoup d'entre nous essaient de répondre à ce besoin de « faire plaisir » en s’oubliant. Cela nous amène à être passif et à éprouver du ressentiment. La clé est de vous donner la permission de vous recentrer sur vos besoins.

Être assertif, c’est être capable de s’exprimer clairement et fermement, en gardant votre vigilance, si vous en avez, mais en démontrant également un non verbal doux et pacifique, tout en respectant l’autre et en n’essayant pas de le détruire pour faire passer notre point.

Voilà ce qu’on appelle, en synergologie, une communication en A.R.E. : assertive, réflexive et empathique.

Acronyme permettant de décrire en évoquant l’espace d’authenticité qui est un espace transparent: un espace dans lequel l’échange est libre et n’est pas caractérisé par une attitude conquérante négative comme la domination.

Respecter les besoins des autres ne signifie pas de rester silencieux sur nos propres besoins ou d’exploser pour gagner notre point. Au contraire, nous leur exprimons de la compassion tout en exprimant clairement ceux-ci.

[1] Ali Miller, MFT, psychotherapist who has a private practice in Berkeley and San Francisco, Calif., and specializes in helping adults live more authentic, empowered and connected lives
[2] MEHRABIAN, Albert, Nonverbal Communication. Aldine-Atherton, Chicago, Illinois, 1972.
[3] Christine Gagnon et Christian Martineau, Voir mentir, 2011, Éditions Propulsion

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