La colère n’est pas seulement de sauter une coche… ou péter les plombs

La colère n'est pas seulement de sauter une coche ou de péter les plombs!

Depuis quelques semaines, je reçois et j’entends régulièrement le commentaire suivant : « je n’ai pas de colère, je ne suis pas du genre à crier, à sauter des coches ou à péter les plombs ! » Et à chaque fois, ça me titille.

Alors, si je comprends bien, si je ne crie pas, que je ne saute pas de coche et que je ne pète pas de plombs, est-ce que cela veut dire que je ne vis jamais de colère ? Je me suis mise à demander autour de moi : « C’est quoi la colère pour toi ? ».

Ne pas confondre colère et violence

J’ai été renversée par les réponses. Les définitions sont tellement grosses, certaines associées à la violence et à la rage, que la personne ne peut quasiment pas identifier qu’elle ressent de la colère.

Et puis d’où vient cette honte, cette attitude de paraître, du « moi, je ne suis jamais en colère... »

Je le répète, la colère n'est pas le problème, mais plutôt la façon de la gérer et de l’exprimer. Je me rends compte à quel point cette émotion est taboue. Elle n’a pas été permise et ne l’est toujours pas.

La problématique est le fait qu’on n’ait pas appris comment la gérer et l’exprimer. La colère est une émotion de base et est essentielle à notre transformation et à notre survie.

Différentes manifestations de la colère

Alors, élargissons notre perception et notre vision de la colère.

Ce n'est pas toujours aussi flagrant et évident que le joueur de golf qui crie et fait une scène en lançant son bâton dans le lac !

Mais ça nous démontre bien une colère qui se manifeste plus passivement et qui peut être tout aussi souffrante pour la personne en question.

Pas nécessaire de se mettre à genoux et de se faire Hara-Kiri non plus, il est possible de se regarder, de se voir aller et de s’amuser avec toutes nos complexités qui font de nous des êtres uniques.

Alors, voici mon top 7 :

Le TERRORISTE

Il est possible qu'on ait un terroriste bien installé en soi depuis des années, et qu'il ait plusieurs visages.

Il sabote dans la subtilité et se présente parfois avec la voix angoissée :

  • d’un petit enfant inquiet;
  • d’un adulte fragile qui a besoin d’être rassuré et apaisé;
  • d’un adolescent révolté qui cherche à s’affirmer; ou encore
  • d’un expert dont l’expérience ne peut être mise en doute.

Le territoriste est semblable à un ami qui s’invite, qui paraît bien intentionné au départ, mais qui, très rapidement, se comporte comme un intrus.

Il se transforme en un véritable terroriste qui va, soit contrecarrer les décisions qu'on prend, les choix de vie qu'on fait, ou nous entraîner dans une direction qui, nous le sentons, n’est pas bonne pour nous, mais qu'on ne peut pas s'empêcher de prendre !

Le COUPABLE

Vous savez, c'est la personne qui s’excuse presque tout le temps, qui se critique constamment et qui peut même aller jusqu’à inviter les gens de son entourage, inconsciemment bien sûr, à le critiquer ou à le blâmer.

Ce genre de comportement coupe court au dialogue, à l’affirmation de soi et à la croissance personnelle.

Se blâmer est, peut-être, même devenu un réflexe automatique, car en faisant cela, on nourrit l’illusion que la situation est résolue.

« Je me suis excusée alors c’est réglé, qu’est-ce que tu veux de plus ». Est-ce que ça vous dit quelque chose ? Les émotions ne sont ni vécues ni extériorisées mais plutôt refoulées. C’est une autre forme de colère passive.

Le JUGE

Il peut arriver à l’occasion qu'on dénigre certaines personnes et soyons honnête, c'est humain et parfois, ça fait du bien.

On peut aussi apparaître comme cynique, amer et avec un jugement très sévère. Contrairement à ce qu’il peut laisser penser, celui qui juge et dévalue sans cesse son entourage n’est pas plus tendre avec lui-même.

S’il est à ce point critique à l’égard des autres, c’est parce qu’il l’est d’abord à son propre égard. Il n’a, en réalité, aucune confiance en lui. Dans la même lignée, on peut se nourrir de jugement, potins, rumeurs ou sarcasme.

Le KAMIKAZE

Toujours à l’écoute de son entourage professionnel ou affectif, sacrifice et martyre consentant, il n'a pas son pareil pour écouter, consoler, chouchouter et réconcilier.

Un compliment, une manifestation de gratitude ou de reconnaissance, tel est son seul salaire. Et même lorsque vous trouvez une personne trop avare au regard de ce que vous avez dépensé en efforts, vous n’osez ni reprocher ni réclamer.

Par peur de perdre le lien affectif, mais aussi parce que vous vous êtes construit précocement sur le scénario du sacrifice. S’effacer, servir, offrir, c’est sans doute l’essence des messages familiaux que vous avez reçus.

Et même si la colère, le sentiment d’injustice et les frustrations bouillonnent parfois en vous, il vous est difficile d’assumer et d’affirmer votre désir. Notamment quand il va à l’encontre de celui des autres.

La PROCURATION

Légalement, la procuration est ce document par lequel une personne en désigne une autre pour la représenter et agir en son nom. Maintenant, transposons-là dans l’émotion de la colère.

Vous savez, c'est cette personne qui sait sur quel bouton peser, qui va provoquer l’autre jusqu’à son point d’explosion pour ensuite dire que les réactions de cette personne sont démesurées, exagérées et inappropriées.

Elle va, par contre, continuer de la fréquenter parce qu’inconsciemment elle a besoin de pousser sur les boutons de l’autre pour évacuer sa propre colère. Elle vit sa colère par procuration.

Le DÉTACHÉ

Cette personne semble manquer totalement d’émotion. Vous lui parlez et elle semble vous ignorer complètement.

Elle reste assise là devant vous sans dire un mot. Elle semble être totalement absente alors qu’elle est généralement en colère contre elle-même.

Elle a un dialogue interne qu’elle seule entend et comprend. Elle peut avoir un grand nombre de peurs et de blocages face à la situation, elle va parfois renoncer afin de ne pas avoir à y faire face.

De ce point de vue, le détachement a un impact négatif puisqu'il est utilisé comme moyen pour ne pas ressentir et se fuir.

Le FUYARD

Sauve qui peut ! Depuis toujours, la première réaction à un événement qui nous fait peur est la fuite. Et ça fonctionne très bien, car avec la distance, la peur diminue et on s'illusionne en se croyant en sécurité.

Puis, lorsqu’on a moins peur, on arrête de fuir.

On a la certitude qu'il n'y a rien à faire. On est tranquille, peinard, à vieillir devant le téléviseur... Pas de risque à prendre !

Par contre, quand on fuit, on n’avance pas, on stagne. Pour faire bref, en fuyant, il est certain qu'on n'obtiendra pas ce qu'on veut.

Et puis ?

Comme vous aurez pu le constater, ces manifestations sont intimement reliés à nos peurs et à la difficulté de s'accepter tel qu'on est.

La meilleure arme contre l’inconnu est la connaissance, et la mère de la connaissance est l’expérience.

Plus j’ose et j'expérimente, plus je me connais, moins il y a d’inconnu et moins il y a de peurs.

Vous voulez en savoir plus sur la colère, procurez-vous mon livre La colère m'a sauvé la vie - Cessez de la refouler, faites-en votre alliée publié chez Les Éditions Béliveau.

Est-ce que vous vous reconnaissez dans certaines manifestations de la colère ? 🙂

J'aimerais bien vous lire. Commentez dans la boîte à cet effet.

6 réflexions sur “La colère n'est pas seulement de sauter une coche ou de péter les plombs!”

  1. Merci, vraiment bien expliqué la colère!
    Tout dépend de notre nature, mais parfois elle arrive spontanément en premier, ou à la suite de la tristesse, ou après une très mauvaise surprise, ou même une peur imperceptible. Quoi qu'il en soit, la colère est destructrice autant pour soi que pour les autres.
    Personnellement, j'ai refoulé la colère toute ma vie, au Point de vouloir m'endormir pour de bon. Heureusement, il y a toujours quelqu'un sur notre route pour ns apporter de l'aide. On est libre de la saisir. Merci la vie et merci à vous Mme Céline Legault

    1. Merci pour votre commentaire, votre ouverture, votre confiance et votre authenticité Lucie. Je suis heureuse de vous savoir ici avec nous 🙂

      Comme vous le dites si bien, vous parlez d'avoir refoulé la colère toute votre vie et c'est celle-là qui nous contamine...

      Personnellement, je considère que ce n'est pas la colère qui est destructrice mais bien les émotions refoulées, les non-dits, le bafouement de nos valeurs sacrées et le non-respect de soi qui est destructeur et c'est cela qui nous amène à vivre ce sentiment de colère « destructrice ». Quant à moi, j'ai réalisé avec le temps que la colère est une émotion de base saine (lorsque le ménage est fait et qu'il n'y a plus de refoulement). Elle peut être une ressource exceptionnelle et une messagère dans notre meilleur intérêt.

      Évidemment, vous aurez sûrement compris ici que je ne parle pas ici de colère refoulée ou de violence qui ne faut pas confondre avec la colère saine. Pour moi, aujourd'hui, la colère est la gardienne du respect de soi-même.

      Avec amour et gratitude,

  2. Bonjour . Moii aussi jcrois bien que je souffre de colere depuis trop longyemps et que je garde vrm tout en moii depuis des annees.. j aimerais savoir comment est ce possible de pouvoir retablir les chose. Car je n ai jamais demander d aide et je sais pas a qui drmander sa. Merci

    1. Merci Benoit pour votre commentaire et je célèbre votre ouverture et votre humilité à demander de l'aide. Bravo !

      Oui, c'est possible, j'en suis la preuve vivante 🙂 Il est nécessaire de faire un grand ménage en se libérant de ses émotions refoulées et des non-dits. Tout comme un jardin dont on n'aurait pas pris soin, il faut regarder les choses en face, se retrousser les manches et prendre la responsabilité de le désherber afin d'y planter nos plus belles fleurs (forces).

      Si cela vous intéresse, vous pouvez vous inscrire pour l'Appel Découverte sans frais avec moi en cliquant le lien : http://www.vitaminetavie.com/vitavie/formulaire/ afin de savoir si nous sommes un bon match pour que vous puissiez transformer votre vie de contaminée à vitaminée !

      À bientôt !

  3. Bonjour
    J ai adoré ce sujet et j ai lu votre livre...je suis d accord avec vous que la colère est une émotion saine....par contre évacuer avec la bonne manière,les mots,le ton pour exprimer se sentiment si intense et contagieux. ...est tout un défi. De plus C est de l accepter, de comprendre le besoin non comblé
    Merci cela fait du bien de vous lire
    C est un beau travail

    1. Merci beaucoup Julie pour votre commentaire 🙂 En effet, pour beaucoup d'entre nous, nous n'avons pas appris à accueillir cette émotion qu'est la colère. Donc, encore moins à la gérer et à comprendre le message puissant qu'elle nous envoie. Ce n'est pas toujours évident mais combien grandissant d'accepter notre responsabilité face à nos besoins non comblés. Comme toute nouvelle compétence à développer, il faut pratiquer, apprendre pour s'améliorer, célébrez chacune de nos victoires (aussi petites soient-elles) et persévérer. Continuez de vous vitaminer!

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