Joby Bach - sous toutes ses formes!

Joby Bach
Saviez-vous que 51 % des jeunes filles de 9 à 13 ans ne sont pas satisfaites de leur image corporelle? Et que cette proportion passe à plus de 65 % chez les adolescentes de 16 ans? 1

Par ailleurs, le Centre national d’information sur les désordres alimentaires confirme que plus de 300 000 Canadiennes sont affligées d’un trouble alimentaire, ce qui représente au moins 7 % de la population féminine.

Comment expliquer ces résultats?

Et si je vous posais la question? Sincèrement, que me répondriez-vous? Beaucoup trop de femmes n’aiment pas leur corps : trop grosse, trop grasse, trop petite, trop maigre, trop grande, pas assez de poitrine, trop de poitrine, pas assez de hanches, des fesses trop grosses ou trop plates, pas assez musclées, dents pas assez blanches, cheveux trop frisés ou trop raides…

Mais d’où vient cette profonde insatisfaction de notre image corporelle? Pourquoi tout ce temps consacré à cette quête? Pourquoi y consacrer autant de temps et d’argent ?

Il semble que depuis toujours, les femmes s’interrogent sur l’image que leur renvoie le miroir. Pourtant, le reflet naît davantage de notre regard que de la glace.

Élément superficiel croyons-nous? Il n’en demeure pas moins que l’apparence physique est déterminante dans les jugements qui sont portés sur notre personne. Cette obsession de l’idéal « minceur » en d’autres mots du « corps parfait » n’est toutefois pas sans répercussions désolantes.

Cette obsession se manifeste de manière flagrante chez les adolescentes, les femmes adultes et de plus en plus chez les fillettes. C’est alarmant.

D’ailleurs, il y a quelques mois, en surfant sur Youtube, j’ai découvert « par hasard » la mannequin Joby Bach. Modèle Québécoise, taille plus, de niveau international, elle ne craint pas de repousser les limites en dépassant les standards habituels de l’industrie de la mode.

Ce qui m’a éblouie, en plus de sa beauté et de son humilité, c’est lorsque je l’ai entendue révéler à Denis Lévesque: « Oui, je me trouve belle, j’ai des formes et puis… en plus, ça fait partie de mon parcours, de ma vie, de la femme que je suis. Je les aime, moi, mes vergetures et ma cellulite! ».

Wow, ça y était…

J’étais littéralement sous le charme! Je savais que ce n’était pas « un hasard » mais bien un futur rendez-vous merveilleux avec cette femme.

Je voulais personnellement en savoir davantage afin de vous la faire découvrir. Celle qui contribue à enrayer les « étiquettes » pour proposer une définition différente de la beauté féminine… sous toutes ses formes.

Entre ses multiples projets, Joby nous partage, en exclusivité, son parcours inspirant rempli de petits secrets afin de nous aider à assumer davantage notre beauté individuelle.

Q : Comment es-tu devenue mannequin international?

Déjà toute petite, je demandais tout le temps à ma mère de me prendre en photo, dans le parc, lorsque je me balançais, en fait tout le temps... J’ai toujours, du plus loin que je me souvienne, eu un amour pour la caméra.

Puis, est arrivé le phénomène Mitsou… et pour moi, alors âgée de 6 ans, ce fût toute une révélation. Et même si je ne pouvais en comprendre toutes les nuances, j’aimais ce que Mitsou dégageait.

Pour moi, c’était l’image d’une femme qui est bien dans son corps, qui n’a pas honte d’exprimer sa sensualité et qui assume totalement qui elle est.

Ensuite est venu le girl power des Spice Girls, et j’ai vraiment été submergée par le power féminin. En réalité, qu’importe le secteur d’activité, je suis totalement inspirée par LA femme qui s’assume et qui est en pleine possession de ses moyens.

Q : Comment as-tu vécu l’adolescence qui est une étape importante dans la vie de toute femme et dans sa perception d’elle-même?

À l’adolescence, je comprends rapidement que je suis non seulement plus grande que mes amies mais, à 12 ans, j’ai des formes et un corps de femme.

Avec ce corps déjà développé, j’ai vécu une période d’intimidation à l’école et je me suis isolée de plus en plus. J’ai eu beaucoup de difficultés à comprendre la réaction de certaines personnes parce que j’étais différente.

Donc, je suis mal à l'aise avec ce corps qui ne correspond pas à mon âge et mes rondeurs ne ressemblent pas du tout à l’image projetée de la femme filiforme des magazines.

Puis à 16 ans, j’essuie un refus d’une agence de mannequins que je convoitais. On m’informe que je dois perdre 4 pouces de hanches.

C’est à ce moment que j’ai frôlé l’anorexie et la boulimie conjointement. J’essayais tellement d'entrer dans un moule qui ne me ressemblait pas. Je mettais de l’eau dans mes céréales et je coupais partout. Puis, j'ai commencé à perdre ma vitalité, mon énergie, et même mes cheveux.

Je voulais tellement être prise par cette agence mais cela n’a pas fonctionné. Au contraire, à force de trop forcer et de trop pousser, j’ai même pris un peu de poids.

Alors quand j’y suis retournée, j’ai essuyé un autre refus. Ce « non » à mon rêve d’être mannequin international m’a amené une déception totale.

Q : Aujourd’hui, tu dégages tellement le power féminin à l’image de la femme qui s’assume. Quel a été ton déclic?

J’ai toujours été traitée de « grosse ». C’était difficile mais aussi compliqué parce que, suivant mon éducation, j’avais moi-même développé un solide jugement et des pensées très critiques face à mon corps et à ses rondeurs.

Le déclic s’est fait grâce à une histoire d’amour avec un Haïtien avec qui j’ai eu mon fils. Étrangement, la culture haïtienne m’a ouvert les yeux à une autre approche par rapport au corps de la femme.

Dans cette culture, je voyais les femmes assumer leurs corps avec des courbes, car c’était considéré comme plus attrayant.

Ça m’a fait le plus grand bien de découvrir des critères de beauté différents des miens. Pour la première fois, j’ai pu accueillir mon corps, sa forme et ses proportions, sans me sentir coupable.

C’était extraordinaire de ne pas me sentir mal dans un environnement où on se fait dire « sois mince » ou « sois comme dans telle revue ». En tout cas, ça m’avait tellement joué dans la tête étant jeune, que je m’étais rendue malade.

La rencontre avec cet homme et la découverture de sa culture ont été déterminantes pour moi. D’ailleurs, il existe plusieurs cultures où les femmes en chair et avec des formes sont valorisées.

Et c’est ça qui a été l’élément déclencheur dans mon processus d’acceptation de mon corps.

Q :  Que voudrais-tu dire aux femmes pour les aider à accepter leurs corps?

Je mentirais si je disais que c’est facile de m’accepter et de m’aimer tous les jours. Pas du tout. La beauté parfaite m’a tellement été imprégnée jeune que j’ai encore de la difficulté à m’en défaire.

Il y a des journées où je me réveille et je ne me trouve pas belle ne sachant pas non plus comment gérer mon surplus de poids. Je mets ces journées-là dans les « hormones power day ».

De plus en plus, j’apprends à me calmer et à accueillir ces moments. J’ai déjà accompli un grand travail d’acceptation de moi et j’en suis fière.

Q : À quel moment as-tu décroché ton premier contrat de mannequin?

À 25 ans, je suis retournée à la même agence qui m’avait refusée et j’ai été acceptée comme mannequin dans la division « taille plus ».

Tu sais, le milieu de la mode n’est pas facile et il faut être autonome, indépendante et débrouillarde. En fait, il faut prendre le taureau par les cornes!

À l’époque, il n’y avait personne qui avait du succès dans ma division mais j’y croyais. Je savais que j’allais réussir et j’ai tout fait pour que ça fonctionne.

C’est en 2012 que j’ai signé mon premier gros contrat avec Wonderbra. Par la suite, tout s’est découlé naturellement.

Q : Qu’est-ce que la photo représente pour toi?

Lorsque je mets le pied sur un « set de shooting photo », c’est un des endroits où je ne suis plus dans ma tête, je me sens plutôt sur mon « X ».

Je fusionne avec mon art et mon essence. Cela me procure une liberté ultime puisque j’avoue être de nature anxieuse dans la vie de tous les jours.

Avec la routine du métro, boulot, dodo et mon rôle de maman, les sessions de photos me permettent de ventiler et de laisser aller toutes les émotions que je ressens et celles que j’ai accumulées durant la semaine.

Q : Que penses-tu des gens qui croient que les mannequins sont superficiels?

Personnellement, je ne suis pas une fanatique des tapis rouges et j’aime surtout me retrouver chez moi « en mou » avec des joggings et mon t-shirt.

Je veux amener l’être dans un univers qui semble n’être axé que sur le paraître et c’est pourquoi je suis fière de la relation avec mon agence, St. Germain. J’ai décidé de servir la foi et non la peur. Je me permets de refuser certains contrats parce que je n’ai pas envie de souiller mon âme pour de l’argent.

J’ai aussi envie d’aider les femmes à s’accepter. Mon art passe par les photos. Je ne veux pas jouer de rôle. C’est important pour moi de rester moi. Je ne suis pas équipée pour qu’on me dise quoi faire. Et si je peux inspirer, tant mieux!

Q : Qu’est-ce qui te vitamine?

Oser s’exprimer, bien sûr sans blesser. En réalité, tout ce qui touche à la libre expression de soi, à ce que son âme a envie d’exprimer. S’accepter entièrement et s’autoriser à être.

Je fais confiance en mon Dieu. Je me respecte et j’honore de plus en plus qui je suis et ce que je veux représenter. Depuis ma tendre enfance je prie et personne ne me l’a enseigné. C’est simplement naturel chez moi!

* * * * *

Considérant l’importance accordée à l'apparence dans notre société, la perception que nous avons de notre corps compte pour beaucoup dans l’acceptation et l’estime de soi.

Nul doute que Joby Bach est une vitaminée puisqu’elle a compris que tout part de soi, complètement tout: nos échecs, nos succès.

Quant à moi, j’ai le bonheur de faire la rencontre d’une femme spontanée, spirituelle, authentique et inspirante.

Grâce à son témoignage rempli de sincérité, il n'y a pas de recette miracle autre que celle de suivre son cœur, son instinct et de prendre la route pour s’accepter, s’aimer et oser être soi!

Finalement, la plus belle tendance est, certainement, d’aller au-delà des apparences, d'être bien dans sa peau, de s’assumer et de jouir… sous toutes les formes possibles et inimaginables!

1 Ces statistiques sont tirées d’une étude réalisée et publiée récemment par l'Agence de santé et des services sociaux de Laval.

Ensemble, vitaminons nos vies! Laissez vos commentaires/questions dans la boite ci-dessous!

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