honte de dire que ça ne va pas

J’ai honte de dire que ça ne va pas

C’est beaucoup plus difficile quand on est perdu à l’intérieur de soi. On n’est pas inspiré, on est fatigué, on sait qu’on doit faire les choses, mais on n’y trouve parfois plus aucun sens. Et en plus, on peut avoir vraiment besoin d’une présence qui aide à se libérer de ça, mais on ne sait pas qui pourrait nous apporter ça sans jugement, sans conseil, sans commentaire… Juste de la présence.

C’est d’autant plus difficile quand on est la personne dont les autres disent « il est fort, il y arrivera ». Non pas parce que personne ne nous demande comment ça va (parce que ça, c’est faux, les gens seraient heureux de nous aider), mais surtout parce qu’au fond de nous, on tient à cette réputation, et on aurait du mal à avouer que ça ne va pas.

On a peut-être une image à tenir, même. C’est tellement plus facile donc d’en parler une fois que l’obstacle est passé, une fois qu’on en est déjà sorti plus fort et plus sage.

Alors que LE bon moment d’en parler, de partager ça, c’est justement quand on est en plein dedans. Pour plusieurs raisons.

Premièrement

Personne n’a une vie où tout va bien tout le temps, et personne n’a un état intérieur parfaitement constant. Tout le monde passe par des hauts et des bas, et ce n’est pas les bas, ni les hauts d’ailleurs, qui nous définissent, mais plutôt notre attitude pendant ces moments-là.

Et si seulement on voulait bien partager nos passages difficiles, en dévoilant sincèrement nos émotions à leur état le plus pur (ce qui est très différent du fait de se plaindre), on arriverait à créer des liens tellement plus forts et authentiques avec les autres…

Parce que montrer son émotion crue, pure, sans toute l’histoire qu’on se raconte autour habituellement… C’est ouvrir son cœur et envoyer de l’amour, et en recevoir. De l’amour, parce qu’à ce moment-là on s’accepte tel qu’on est à cet instant précis, et on intègre pleinement la présence de l’autre dans cet instant. Sans condition.

Deuxièmement

Parce que partager, c’est dédramatiser, c’est briser les murs des couloirs dans lesquels circulent nos pensées, et leur donner plus d’espace pour aller chercher d’autres façons de percevoir, d’autres solutions.

Troisièmement

Parce que c’est inspirant. Oui oui, c’est exactement ça qui est inspirant. Ce n’est pas « regardez comment j’ai réussi à combattre les problèmes », mais « voilà comment je SUIS en train de gérer, maintenant, et même si c’est difficile, j’accepte assez pour être ouvert ».

Et quand on fait ça, ça veut dire qu’on a la foi, la foi qu’en réalité, c’est une bonne chose qui est en train de nous arriver.

Quatrièmement

Justement… Ceux qui ont vécu ça savent très bien que ces moments-là, ce n’est pas un nouveau problème qui est arrivé. C’est juste que c’est le moment pour nous de voir quelque chose en nous qu’on n’avait pas vu jusqu’à présent. Cette chose nous empêchait de faire ce qu’il est justement le moment de faire (et de réussir) maintenant. Alors, c’est un gros cadeau.

Si on est sensible et à l’écoute de nos petites voix intérieures, elles nous le disent : malgré les larmes, malgré le cœur serré… il y a au fond ce brin d’anticipation, cette petite allumette qui s’approche doucement de la mèche qui va faire partir le feu d’artifice. Et on entrevoit par moments ce que ça va être, même si ces aperçus ne durent qu’une seconde.

Alors, plus on avance et plus on apprend à se connaître, plus on sait que ce sont de bons moments. Et comme on a envie de partager les bons moments avec tout le monde, on apprend à partager ces bons moments-là, même s’ils sont « packagés » un peu différemment. 🙂

C’est un véritable chemin d’humilité. Tout ceci étant dit, cet article, justement, je l’ai écrit au dernier moment, alors que celui que je voulais publier initialement était prêt déjà.

Sur ce chemin-là, qui est un véritable chemin d’humilité, il devient difficile de prétendre, et quand on fait un travail où on met beaucoup de notre personnalité, et bien le travail fluctue au fil de nos états aussi, et c’est normal.

Le véritable apprentissage commence donc là : accepter l’inconstance, et l’inclure pleinement dans notre authenticité. Composer avec la réalité de l’instant et le vivre comme une force, un flot et des vagues sur lesquelles on peut réellement surfer, au lieu de s’y noyer et de lutter contre.

C’est un changement de paradigme, mais ce qui est présent ici et maintenant, il n’y a pas de hasard.

Il y a donc une opportunité avec chaque difficulté.

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