L’importance de la politesse pour prévenir le harcèlement psychologique au travail

L’importance de la politesse pour prévenir le harcèlement psychologique au travail
La politesse est souvent prise pour acquise dans notre société, comme étant une compétence que tous valorisent et appliquent au quotidien.

Toutefois, à voir l’ampleur des problèmes de civilités et de manque de politesse en milieu de travail, il est permis de remettre en question cette dernière affirmation.

Le harcèlement psychologique

En parallèle, le harcèlement psychologique au travail est un fléau dont on entend parler régulièrement. D'ailleurs, l’ampleur du phénomène est particulièrement inquiétante.

Or, ces deux phénomènes sont intrinsèquement liés.

Commettre une seule incivilité peut sembler un geste facilement excusable et mis sur le compte de la maladresse ou le fait d’avoir eu une mauvaise journée.

Toutefois, c’est l’augmentation du nombre, de l’intensité et des personnes touchées par ces incivilités qui mènent directement aux situations de harcèlement psychologique.

La Loi sur les normes du travail définit ce phénomène comme étant « une conduite vexatoire se manifestant soit par des comportements, des paroles, des actes ou des gestes répétés, qui sont hostiles ou non désirés, laquelle porte atteinte à la dignité ou à l’intégrité psychologique ou physique du salarié et qui entraîne, pour celui-ci, un milieu de travail néfaste. Une seule conduite grave peut aussi constituer du harcèlement psychologique si elle porte une telle atteinte et produit un effet nocif continu pour le salarié. »[1]

Par cette définition, on peut constater que le respect de la dignité et de l’intégrité psychologique de la personne est au cœur de cette infraction. Elle peut se conclure par un congédiement s’il a été démontré que la personne mise en cause a eu un comportement qui répond aux critères qu’elle mentionne.

La dignité humaine : un concept sous-estimé dans les relations interpersonnelles

Bien que ce concept de dignité soit connu de tous, peu sauraient en donner la définition. Le droit canadien le définit comme étant un respect de soi que l’on ressent par les autres mais aussi, par soi-même. Cela demande le respect de l’intégrité physique et psychologique de soi et des autres.

En d’autres termes, pour éviter les atteintes à la dignité humaine qui pourraient mener à des situations de harcèlement psychologique, il faut savoir les prévenir et le moyen idéal est: la politesse.

L’importance de la prévention

Beaucoup d’employeurs se trouvent dépourvus de solutions efficaces pour prévenir ce genre de situations et mettent plutôt en place des mesures réactives, comme l’enquête administrative, afin de résoudre ce problème.

Toutefois, lorsqu’une situation de harcèlement psychologique s’est déclarée, il est souvent trop tard et des dommages, tant sur le plan humain qu’économique, ont été causés.

En effet, la perte de productivité, l’absentéisme, le présentéisme et la dégradation du climat de travail sont tous des conséquences coûteuses qui pourraient être facilement mitigées si on s’attaquait à la source du problème.

Il existe trois niveaux de prévention: le troisième niveau est celui où on met des mesures en place pour apaiser les souffrances des individus qui ont subi du harcèlement psychologique. Il est curatif. Le repos, la thérapie en sont des exemples.

Le deuxième niveau consiste à donner des outils aux employés pour mieux s’adapter à leur environnement de travail déjà difficile. C’est un mode réactif et les formations sur la gestion du stress ou des méthodes de gestion de conflits peuvent être des outils pertinents.

Le premier niveau de prévention est celui qui s’attaque aux causes du problème alors que les deux précédents traitaient seulement les conséquences. Dans un contexte de harcèlement psychologique, sensibiliser les employés à l’importance de la politesse peut être une solution efficace.

Qu’est-ce que la politesse?

Les traités de politesse l’expliquent comme étant cette attitude que l’on adopte envers les autres pour démontrer d’abord que l’on reconnait la valeur de l’autre.

En démontrant ce respect envers l’autre, on démontre, par le fait même, que nous méritons également du respect. Il s’agit donc d’un phénomène de réciprocité.

Nous avons tous été confrontés, un jour ou l’autre, à une personne qui a été impolie envers soi. Est-ce qu’on se rappelle tout le contrôle dont nous avons dû faire preuve pour ne pas riposter avec la même attitude?

En effet, la politesse est une attitude qui permet d’avoir des rapports interpersonnels prévisibles et sécurisants.

Si on sait que les gens de notre entourage seront respectueux à notre endroit, nous avons la possibilité de profiter d’une paix d’esprit plutôt que de vivre constamment sur le qui-vive et s’attendre à se défendre d’une agression, à tout moment donné.

Avec une telle disposition d’esprit, il est plus facile d’être agréable avec soi-même et avec les autres et de créer des relations interpersonnelles plus enrichissantes.

Le milieu de travail n’est pas comme notre cercle d’amis : nous ne choisissons pas nos collègues. Il est donc possible qu’il soit plus difficile d’en apprécier certains plus que d’autres et il peut même arriver que, dans certains cas, ce soit très difficile de le faire.

Or, la politesse est une attitude qui reste nécessaire, même si nous avons certains collègues qu’on aime moins.

Le droit québécois nous dit que nous sommes tous dans l’obligation de contribuer à un milieu de travail sain, exempt de harcèlement psychologique et donc, de faire preuve de respect et de politesse.

Si nous sommes d’accord que nous ne pouvons pas combattre le harcèlement psychologique au travail en adoptant soi-même des attitudes agressives et vexatoires, peut-être qu’en démontrant de la politesse et du respect envers un ou une collègue désagréable, nous saurons l’amener à avoir une attitude plus positive?

Si vous en doutez, testez avec sincérité et persistez avec bienveillance si certains de vos collègues sont plus difficiles à attendrir.

Vous verrez que les meilleurs changements viennent de ceux que l’on incarne!

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Quelques exemples de politesse [2]

  • Avoir une attitude constructive et positive avec les autres.
  • Collaborer avec les collègues dans le cadre du travail.
  • Avoir un langage courtois et des propos nuancés.
  • Regarder l’autre lorsqu’il nous parle.
  • Saluer, au moins les proches collaborateurs, en arrivant et en partant, et répondre aux salutations des autres.
  • Arriver à temps aux rencontres ou, du moins, aviser de son retard.
  • Vouvoyer une nouvelle personne et la tutoyer seulement après en avoir reçu la permission.
  • Demander avec politesse (ex. : s’il vous plaît) et remercier.
  • Éviter de lancer ou d’alimenter des rumeurs sur une autre personne.
  • Demander l’avis des autres sur des sujets qui les concernent.
  • Ouvrir et tenir la porte à une autre personne.
  • Encourager une personne qui parle peu à donner son opinion.
  • Nettoyer et ranger l’équipement et les lieux communs après usage.
  • Se montrer conciliant et ne pas s’offenser pour un rien.

[1] Article 81.18 Loi sur les normes du travail, 2002, C-80, a.47

[2] *Source : Questionnaire « Comment se porte la civilité dans votre milieu de travail? » CRHA, Février 2018

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