En moonwalk vers l’inconnu

moonwalk vers l'inconnu
Pourquoi en moonwalk ? Parce que bien souvent, vers l’inconnu, on avance à reculons. L’inconnu a ça de toujours vrai : on ne sait pas ce qu’il contient, on a beau tenter de l’imaginer, de créer des images mentales, de se rassurer en se disant qu’il comporte sûrement tel ou tel élément… Mais, en fait, on n’en sait rien. Tout ce qu’on connaît c’est le présent et le passé.

Assez d’abstractions, allons vers du concret. Vous vous êtes sûrement déjà retrouvé dans une situation qui ne vous convient pas et que vous avez envie de quitter ou de changer, quel que soit le domaine de votre vie. On se dit parfois « c’était mieux avant » ou « je n’aurais jamais dû me retrouver là », et on a envie de revenir vers un état d’être dans lequel on se trouvait avant cette situation-là, où on se sentait mieux que maintenant.

On ne revient jamais en arrière

Sauf que voilà… il ne faut pas se leurrer. On ne revient jamais en arrière, c’est impossible. Avec chaque pas qu’on fait, on devient une personne différente, d’autant plus si on fait ces pas-là en conscience. On ne peut pas retrouver l’état d’être d’avant la situation en question, puisque cet état a déjà évolué. Et en plus, bien sûr, chaque situation est aussi là pour nous apprendre quelque chose, et si on dit « ça n’aurait pas dû se passer comme ça », alors on nie cet apprentissage, tout comme on nie notre propre responsabilité.

Alors, si on pousse la réflexion encore un peu, on se rend vite compte qu’en réalité, la seule chose qu’on puisse faire, c’est avancer vers quelque chose de nouveau, qu’on ne connaît pas encore. Et attention, en premier lieu il s’agit d’un nouvel état d’être, avant de parler d’un changement extérieur. Un nouvel état d’être qui n’est pas comme celui d’avant, ni comme celui de maintenant. Un état d’être plus grand, plus vaste… mais inconnu.

En fait, on a peur...

Et quand on prend conscience de ce processus, on réalise qu’on a peur… On a peur de l’inconnu. On réalise que c’est souvent ça qui nous fait rester dans un territoire « connu », même s’il n’est pas épanouissant, mais au moins il est rassurant par ses repères, sa familiarité, son confort. Eh oui, ça demande du courage de lâcher ça, parce qu’il faut se remettre en question et en cause, il faut se remettre en mouvement aussi.

Il faut se regarder avec beaucoup d’honnêteté pour voir ce qu’il y a en nous qui trouve son compte en restant dans la zone de confort, ce qu’il y a en nous qui profite bien de ce côté rassurant et familier, ce qu’il y a en nous qui, clairement, est un peu englué et n’a simplement pas envie de bouger de là où on est.

Durant notre vie, on vit et revit ce même processus des dizaines de fois, sans vraiment se poser de questions. D’ailleurs, c’est ça qui nous fait dire qu’on reproduit toujours les mêmes schémas, que « c’est toujours pareil de toute façon », qu’on rencontre toujours le même type de personnes, ou qu’on se retrouve toujours dans le même genre d’environnement, etc.

Oui, bien sûr ! C’est normal ! La vie, qui veut nous faire avancer, va nous resservir le même plat qu’on n’aime pas, encore et encore, jusqu’à ce qu’on se rende bien compte que ce plat en fait, on ne l’aime vraiment plus. En fait, on ne l’a jamais aimé, mais on pensait qu’on ne pouvait pas avoir mieux ou que c’était normal parce que la vie est ainsi faite. On se raconte aussi plein d’autres théories qui ne contiennent aucune vérité.

Le moment où on est prêt à se regarder

Mais, un jour, et ce jour arrivera tôt ou tard pour chacun d’entre nous, on en a marre. On a envie d’avancer, on a envie de réussir nos rêves, et on commence à se regarder de plus près pour voir enfin ce qui nous freinait jusqu’à maintenant. Plus rien ne pourra échapper à notre regard, on verra tout, au fur et à mesure, chacun à son rythme. Les situations et états d’être qui ne nous conviennent plus deviendront insupportables d’un coup… alors qu’on les supportait si bien avant. C’est le moment où on est prêt à se regarder en face réellement.

On réalise alors qu’on a toujours avancé vers l’inconnu en moonwalk, même quand on ne le savait pas. Et là, on devient capables de se retourner et regarder vers l’avant, vers cet inconnu, de plus en plus souvent. On se rend compte qu’on ne peut pas espérer recevoir du soutien, de la sécurité et de l’inspiration de la part du passé pour sauter dans le vide et voler vers le nouveau, vers l’inconnu. Espérer du réconfort de la part du passé, c’est s’y accrocher encore, alors même qu’on veut s’envoler… c’est une perte de temps.

Oui, ça fait peur. Oui, on ne sait pas vraiment vers où on va. Mais n’est-ce pas rassurant de savoir que le nouveau est encore meilleur que cet ancien dans lequel on voulait revenir ? N’est-ce pas inspirant de savoir que tout ce qu’il faut, c’est lâcher prise de ce qu’on connaît et qui appartient et est dicté par le passé… et qu’alors on voit qu’en fait, tout est déjà là, et l’a toujours été ?

En fait, cet inconnu n’a jamais été le futur… Le futur, c’est une source d’espoir quand on base notre perception sur le passé.

Alors, cet inconnu, ça a toujours été l’instant présent, tout simplement.

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