Balance ton porc et #MoiAussi

Balance ton porc et #MoiAussi

Tellement de choses à dire. J’ai cherché un sujet qui puisse être à l'écoute et réunir tous ces ressentis, toutes ces prises de conscience, tout ce qui est si intense ces derniers temps... pour tellement de personnes.

#BalanceTonPorc a été une petite tornade qui a balayé les réseaux sociaux depuis une quinzaine de jours en France.

 

Je me suis retrouvée au cœur du sujet le même weekend ou le fameux hashtag a été lancé, avec des messages extrêmement déplacés sur un réseau social professionnel… sans savoir que partout dans le monde, la même tempête grondait déjà, avec notamment l’affaire Weinstein. Et attendait qu'on l'écoute.

Et puis il y a eu le nouveau hashtag #metoo ou #moiaussi, pour toutes les femmes qui ont déjà subi du harcèlement ou une agression de nature sexuelle.

Avec et sans surprise à la fois, je découvrais toutes ces femmes de mon réseau et de partout qui partageaient ce petit cri du coeur, parfois sans rien, parfois accompagné d’une histoire. Presque. Toutes. Les femmes.

Les réactions

Et puis, ces messages, privés ou publics, des hommes ou des femmes qui ne participent pas et qui ne comprennent pas et qui s’étonnent du bruit qu’on fait en s’exprimant, se (et nous) demandent si ce n’est pas exagéré, si ça ne nous fait pas ressasser le négatif, où s’arrête le compliment et où commence le harcèlement…

Après explication, certains sont à l'écoute, d'autre pas. Certains comprennent, d’autres pas. Certains insistent, d’autres pas.

Et moi qui d’habitude ne suis pas ce genre de mouvements, qui n’aime pas l’effet de groupe… Je me suis sentie particulièrement touchée par cet élan, ainsi que par les protestations contre cet élan.

Et en sage padawan voulant maîtriser la force, je me suis mise à chercher où était le miroir, dans tout ça… Et ce que ça me renvoyait de moi-même. Qu’est ce que je protège ?  Inconsciemment mais puissamment, en tout cas, assez pour me mettre sur la défensive quand quelqu’un s’en approche ?

Du collectif au personnel

Bien sûr, ça me renvoyait aussi à des événements de mon histoire personnelle. Et non pas seulement cette agression subie il y a 9 ans, la plainte qui n’a jamais abouti à rien, à toutes ces remarques sexistes, ces moments où on ne te laisse pas d’autre choix que de te sentir comme « un bel objet », à toutes ces fois où je me suis sentie mise à l’écart ou sur une marche plus bas que les autres, juste parce que je suis une femme.

Ça… c’est le quotidien de tellement, tellement de mes Soeurs, partout dans le monde, et souvent puissance dix.

Il y a aussi les événements plus concrets, plus « personnalisés » à ma vie de ce moment, que ce soit dans mon travail ou dans ma vie personnelle.

Et pareil pour mes amies avec qui j’en ai parlé… Et en fait, tout revient à ces 3 petits points, qui sont nos fléaux, mais peuvent devenir notre lumière :

  1. nous ne nous sentons pas écoutées, et donc pas entendues;
  2. il faut prendre sur soi parce que l’autre ne fait pas exprès, il n’est pas méchant;
  3. c'est plus convenable de se taire parce qu’il ne faut pas s’apitoyer sur notre sort, ça ne se fait pas, il faut relativiser, et ne surtout pas offenser les autres avec notre mal-être.

Le sacrifice

Et en suivant scrupuleusement ces 3 étapes du protocole, toutes ou pas forcément, nous finissons par nous compromettre complètement, par sacrifier qui nous sommes.

Et il ne s’agit pas que du harcèlement. Il peut s’agir de notre couple, même s’il n’a rien de violent ni de malsain. Il peut s’agir de notre relation avec nos parents, frères et soeurs, amis, collègues… À des degrés différents.

Et même les femmes les plus fortes le font. Oh non bien sûr, pas toutes. Heureusement. Mais la grande, l’immense majorité.

Et soyons clairs, je ne parle pas ici des adaptations et compromis qu’il est normal de faire pour vivre avec quelqu’un. Je parle de quelque chose de beaucoup plus profond, viscéral… vital à notre bien-être.

Le cri de l'âme

Alors en ce moment, les femmes se réveillent. Que ce soit collectivement avec le « moi aussi », ou individuellement, chacune dans son histoire. Et je vais élargir… beaucoup d’êtres se réveillent. Femmes ET hommes, filles ET garçons. Peu importe en réalité qui nous sommes…

C’est le cri de l’âme en ce moment qui dit : « hey, parfois je crie trop fort oui, parfois j’utilise des émotions trop fortes, des mots trop forts oui… mais c’est parce que vous ne m’entendez pas depuis des siècles. Alors maintenant, il va falloir écouter ! »

C’est peut être un #moiaussi. Ou peut être aussi une crise de colère après des années de silence. C’est peut être un mari qui écoute enfin sa femme parler de sa façon de vivre une situation, qui lui donne l’espace dont ses émotions ont besoin à ce moment là.

C’est peut être une personne qui comprend que l’émotion n’est pas dangereuse, qu’il faut savoir l’écouter pour découvrir la vraie source du souci…

Et d’un coup cette personne se met à l’écoute d’elle même, et donc des autres. C’est peut être une conversation qui se passe enfin en s’écoutant l’un et l’autre sans se sentir attaqué.

C’est peut être les hommes qui comprennent pourquoi nous sommes obligées aujourd’hui de crier un peu plus fort pour se faire entendre, et qui ne se cachent plus du bruit que ça fait mais écoute ce que ça dit et cherchent d’où ça vient.

Une nouvelle réalité

L’écoute. L’ouverture. La bienveillance. Le respect qu’à l’autre de s’exprimer. Parce que imposer à l’autre notre vision de comment ça devrait être, revient à nier qui il est.

Qu’à force de se cogner contre un mur, on se fait mal certes, mais on finit par briser le mur. Parce que chacun a le droit parfait de vivre les choses comme elles sont pour lui, et non ça ne va pas dégénérer parce que quand on a un espace infini autour de nous, l’émotion s’y dissipe.

Je pourrais continuer pendant des heures. En écrivant cet article mes propres mots ont pénétré encore plus profondément dans ma conscience, et j’ai compris encore mieux où, comment et à quel point on (femme ou homme) a pris l’habitude de s’écraser pour préserver une harmonie éphémère.

Mais il ne suffit pas de s’en rendre compte dans la tête, car ça ne nous mène qu’à des revendications. Il faut incarner tout ça. Jusqu’au plus profond de nos cellules.

Si quelqu’un m’empêche de respirer, je vais me débattre car respirer, c’est vital. Là c’est pareil : si quelqu’un m’empêche d’être qui je suis, je vais me débattre. Car être qui je suis… c’est vital pour MA vie.

Ensemble, vitaminons nos vies! Laissez vos commentaires/questions dans la boite ci-dessous!

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