À la retraite, peut-on passer de TGV à bicyclette avec le sourire et sans grincements de dents

À la retraite, peut-on passer de TGV à bicyclette avec le sourire et sans grincements de dents?

« Félicitations pour ta retraite! »  Cette expression devenue courante correspond à une époque où les avancées de la science nous promettent de vingt à trente ans de vie après la période du travail. Qu’en ferons-nous?

Autour de moi, j’ai vu des gens, à la retraite, se replier sur eux-mêmes. Alors que d’autres se sont tournés vers ce qui leur reste à découvrir. Y a-t-il des pistes pour cultiver l’art de vieillir?

S’adapter

J’ai pris ma retraite en 2008 après 35 ans de service dans le monde de l’éducation.  L’effervescence d’une liberté à temps plein dura quelques mois.

Puis l’enthousiasme s’estompa et je fus désemparée de quitter la vitesse TGV pour celle d'une bicyclette: plus de sonneries de téléphone, aucun courriel, plus rien.

Plusieurs femmes qui ont travaillé toute leur vie, comme moi, et aspiré à une reconnaissance et à l’indépendance, ont senti leur quotidien passer au « décaféiné » après avoir vécu à « l’espresso ».

Il m’a fallu alors composer avec des situations nouvelles: voyager davantage ou non, partager l’espace de la maison, se retrouver comme couple. Et, en plus, que faire de tout ce temps libre 24 heures par jour, 7 jours par semaine?

Rebondir

À la recherche d’équilibre, j’ai continué à remplir mes journées.  Femme de projets, mon agenda affichait complet. Cela me rassurait. Pas de place pour le silence ou le repos.

Tel le hamster dans sa cage, j’agissais comme avant, incapable de m’arrêter. C’est ainsi que je suis retournée au travail comme chargée de cours en éducation.

Quelques mois plus tard, j’ai commencé à faire le deuil de mes anciens rôles d’enseignante et de directrice pédagogique.  La seule personne que j’avais maintenant à gérer, c’était moi.

Sous les conseils d’une coach de vie, j’ai appris à laisser de côté la performance pour me recentrer. Marcher, nager et méditer sont des activités que j’ai intégrées à ma routine quotidienne.

Progressivement, je me sentis plus calme même si je réalisais que j’avais moins d'énergie qu’avant et quelques petits bobos qui me rappelaient ma soixantaine.

Progresser

Qu’est-ce que je voulais vraiment pour moi?

En fait, on est toujours trop souvent ce que les autres souhaitent que l’on soit. Passionnée d'écriture, j’ai alors choisi ce mode d'expression pour ventiler mon vécu.

J’ai retrouvé avec exaltation quelques feuillets griffonnés, des années plus tôt. Je ressentais une véritable urgence d’écrire. Comme si mon âme avait besoin de cela.

Les pages se sont rapidement additionnées pour se transformer en un roman humoristique explorant l’univers de nouvelles retraitées sous l’angle du quotidien.

Mon histoire met en scène des femmes qui se débattent avec des secrets bien gardés, leurs amours, à la fois émouvantes et complexes de même que le choc de brusques changements.

À travers mes personnages, je pouvais communiquer ce que je ressentais et surtout partager mes pistes de réflexion. L’écriture m'est apparue comme une véritable thérapie.

Les choses arrivent lorsqu’elles doivent se produire, mais aussi parce qu’on les provoque.  Quand la décision de publier mon roman à compte d’auteure s’est imposée à moi, je fus remplie d’énergie.  Je bouillonnais d’idées.

En quelques mois et grâce à l’aide de précieux collaborateurs, les corrections, la mise en page, l’édition et l’impression se sont enchaînées.

Pour souligner mon passage à la retraite, j’ai enfin réalisé le projet créatif dont j’avais tant rêvé.  J'atteignais mon but avec fierté.

Rêver

La carte routière de ce dernier parcours de vie n’est pas vraiment dessinée, mais ce passage peut être un moment privilégié pour continuer à cheminer.

Je crois qu’une piste à explorer est celle d’écouter notre petite voix intérieure.  Parfois cette voix apparait comme un murmure doux et faible.

Quand notre esprit est en permanence accaparé par des dizaines de pensées et d'obligations en même temps, il est difficile de bien tendre l’oreille pour l’entendre. J'ai donc décidé de me connecter à ce qui m’anime avec toute mon énergie et mes capacités actuelles.

Une autre piste pertinente concerne l’action. Aller de l’avant avec une passion à développer? Une œuvre qui vous enthousiasme?  Une participation dans une cause qui vous tient à cœur?  Pourquoi pas?

Mes rêves d’hier ne correspondent plus à ceux d’aujourd’hui. J’aurais souhaité parcourir les chemins de Compostelle, mais visiblement mes douleurs dorsales et mes pieds mal en point m’ont fait renoncer à ce projet.

Des gens que j’aime sont aussi disparus.  Malgré cela, j’ai choisi de prendre ma vie en main et de privilégier les petits bonheurs bienfaisants du quotidien.

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