Mode « gestion des problèmes » : OFF !

Mode « gestion des problèmes » : OFF !
Au mois de février j’écrivais un article sur le fait de chercher la paix dans l’oeil du cyclone… au lieu d’essayer de le fuir. C’était à l’époque, et c’est encore aujourd’hui, le seul moyen d’arriver à la racine des problèmes, de ce qui déclenche les émotions fortes, les crises, les moments de peur et de désespoir.

Et puis avec les mois, les expériences, j’ai senti mon esprit doucement avancer vers un horizon nouveau. Même si plonger dans l’oeil du cyclone est très formateur et utile… On risque de passer à sa vie à les chasser, si on pense qu’on est obligé forcément de toujours atteindre leur centre.

La réalisation

Ce n’était même pas une réalisation en soi… Ou plutôt, elle est arrivée alors qu’il y avait déjà eu un certain détachement. Un regard avec plus de hauteur, plus d’espace. Ce regard permettait de vivre la plupart des émotions avec une partie de la conscience qui observait. Concrètement, dans ma tête c’était ça :

« Bon, c’est un peu dur quand même là… mais comme d’habitude, ça va passer. Puis même si là tu pleures, tu ne peux rien faire de plus, donc laisse le truc se dérouler, ça ira mieux bientôt. Et là tu auras un regard plus objectif et créatif sur toute la chose. Tu sais que maintenant tu n’en es pas capable. »

Un poisson dans l’eau

Très bizarre… Être comme un poisson dont l’environnement habituel est une eau trouble, et qui sait parfaitement qu’en suivant le courant, un peu plus loin, il arrivera dans une eau claire qui sera beaucoup plus agréable… Mais qu’il n’a jamais connue avant. Il sait juste qu’elle existe.

Là où avant le petit poisson pouvait s’agiter dans tous les sens, remuant encore plus tout ce qui rendait l’eau trouble… Il était calme et détaché, dans exactement la même eau.

Et au bout d’un petit moment à fonctionner de cette façon, cette image du cyclone m’est revenue. Et si, plutôt que de sauter de cyclone en cyclone en cherchant la paix… Je pouvais plutôt rester dans l’espace dans lequel tout le reste a lieu ?

Plus concrètement ?

Plus concrètement, si on attend (comme j’avais tendance à le faire) que tous les problèmes soient réglés avant de s’autoriser à être en paix, on ne vit pas. C’est subtil, ce n’est pas qu’on attend franchement, et on aime les moments de joie entre les soucis.

Mais quelque part inconsciemment, on se dit que tant que tel souci n’est pas réglé, et tel autre, et tel autre… La paix n’est pas possible.

Et c’est encore pire lorsqu’il s’agit de ce qu’on considère comme des problèmes à l’intérieur de soi. Tel traumatisme, tel schéma de fonctionnement, telle maladie, telle façon de penser ou de voir des choses.

On passe sa vie non seulement à « régler des problèmes », mais en plus à penser qu’on est bête, nul, et vraiment pas assez bien.

Ce n’est pas une vie!

Il faut apprendre à vivre malgré tous ces « problèmes », c’est ce qu’on se dit au début. Et là encore, on se force un peu à voir les choses différemment, à ne pas trop se plaindre, à étouffer certaines émotions. Ce n’est pas une bonne solution à long terme.

On se dit qu’on doit apprendre à vivre avec tous ces « problèmes ». Mais alors il faut revoir la définition de « avec » et celle de « problème ». Et là, on est plus proche déjà de la réalité.

Qu’est ce qu’un problème ? Puisque à l’intérieur de chacun d’entre eux se trouve un tremplin pour faire un bond en avant dans notre vie… Peut-on encore vraiment l’appeler « problème » ? Peut être un « obstacle » ou un « défi » plutôt ?

Et si on revient à l’image du cyclone… C’est juste de la météo. Mais est-ce qu’elle dérange vraiment le ciel ?

Vivre avec nos problèmes

Le ciel vit avec les tempêtes, le soleil, le vent, les cyclones… Et il est toujours là lui, imperturbable. Et puis c’est quoi « vivre » ? Peut être qu’il faut revoir la définition de ce mot là aussi.

Au premier degré, « vivre avec des problèmes » c’est un peu déprimant quand même. On se dit que la vie va être longue et difficile, jamais de repos, jamais de répit.

Mais peut être que la façon dont le ciel voit la vie n’est pas du tout la même que celle des cyclones ? Peut être que depuis le début, on ne voit pas la vie pour ce qu’elle est ?

Ou plutôt, peut être qu’on ne sait pas vraiment ce qu’il y a à la vie, quand on s’arrête de courir, de régler des problèmes, de penser au passé et au futur, de parler.

« Sois heureux un instant. Cet instant, c’est ta vie. »

Omar Khayyâm a peut être juste voulu dire que, si on sait s’arrêter un petit instant, qu’on n’est ni dans le passé ni dans le futur, mais juste maintenant…

C’est peut être là qu’on saisit réellement tout l’esprit de la vie. Et c’est là qu’on se rend compte que ce qu’on peut vivre, intérieurement et profondément, est tellement plus épanouissant que ce après quoi on court tout le temps.

J’aimerais retenir deux phrases de cet article. « C’est juste de la météo. Mais est-ce qu’elle dérange vraiment le ciel ? ». Et aussi « Sois heureux un instant. Cet instant, c’est ta vie. »

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Liliya Reshetnyak

Liliya, touchée par le syndrome d’Asperger, a créé une entreprise pour aider d’autres «neuro-atypiques» à mieux s’épanouir dans leur vie professionnelle. Sa vision est celle d’un monde où les étiquettes et la normalité n’existent plus, car chacun est libre d’être lui-même partout et à chaque instant. Plus d’informations sur son site internet.