Ménopause, perdre ce qui est le plus précieux ?

Il y a tellement d’adaptation à faire à la ménopause que nous pouvons être confrontées à vivre le sentiment de perdre ce qui nous semble le plus précieux.

Souvent j’entends et j’ai dit moi-même :

  • Je ne me reconnais plus, ça change trop rapidement.
  • Je vieillis trop vite, je déteste ça vieillir.
  • J’ai moins de plaisir qu’avant.
  • Je veux arrêter le temps.
  • Je suis en deuil de moi.
  • Je suis certaine que vous pouvez vous reconnaître dans ce que je viens d’énumérer.

Pour plusieurs femmes, la ménopause signifie le début de la fin et qu’à partir d’un certain âge tout dégringole vers le bas.

Tout n’est pas rose effectivement et les pertes sont ressenties avec une intensité variable selon les femmes. Pour certaines, les rides sont une calamité, le 10 kg de plus est mortifiant, l’humeur instable est une catastrophe.

Ces changements sont vécus comme des deuils à faire car ce qui était semble maintenant disparu à jamais.

L’état des lieux

Parmi les deuils importants à la ménopause, ceux-ci reviennent le plus souvent :

  • le corps à toute épreuve, souple, la peau lisse, la taille fine
  • le visage sans ride
  • un vagin qui contribuent au plaisir pas à la douleur
  • le confort habituel de ne pas se poser de question – tout à coup, on ne sait plus qui nous sommes
  • la diminution de la libido et ou de se sentir désirée
  • des enfants qui quittent le nid
  • d’une nuit de sommeil sans sueurs nocturnes
  • de la confiance soi
  • de l’image de soi
  • le deuil le plus important et souvent passé sous silence : la fertilité, ne plus pouvoir concevoir d’enfant

Vous pourriez certainement rallonger cette liste à partir de votre propre expérience.

Ces deuils qui dérangent, qui font mal, touche à l’image corporelle et souvent à l’estime de soi car nous avons tendance à nous dévaloriser de ne plus être comme avant.

Intégrer une image corporelle et une image de soi en évolution plutôt qu’en involution demande de garder le focus sur le potentiel à naître, sur ce qui est en expansion, en fleurissement, plutôt que de voir la décrépitude s’installer.

La sagesse nous enseigne  que : « Les défis les plus importants dans la vie sont comme des graines à semer qui contiennent dans leur centre la grandeur et la beauté de ce qui veut naître. » extrait du cours Feminine Power.

Le mot deuil, dans sa racine, signifie douleur, donc faire son deuil signifie « faire sa douleur ».

En d’autres mots : être en présence de la douleur. La douleur nous invite donc à porter notre attention sur quelque chose d’important.

Elle peut nous amener à fuir pour ne pas ressentir le malaise. La tentation est de passer à autre chose car la croyance dit que la douleur est néfaste. Et en plus, qui a le temps de vivre sa douleur / son deuil dans nos vies occupées ?

Ce qui est précieux à garder

Fondamentalement, la douleur nous invite à l’action de se connecter à notre vraie nature. Voilà la graine qui veut germer et croître.

Nous avons toutes traversé des deuils et pertes dans la vie avant la ménopause : le chat – le chien ou un grand parent ou quelqu’un de très proche.

Et aussi des deuils – déceptions – plus quotidiens : il pleut, l’activité est à l’eau ou  « j’aurais voulu faire mieux ».

Donc, les deuils sont autour de nous tout le temps. Les femmes vivent à chaque mois, pendant la période fertile, le deuil du bébé potentiel, du nid qui est resté vide. Deuil déchirant pour certaines, à peine ressenti pour d’autre.

Mes expériences de deuils m’ont appris que la douleur reliée au deuil est en lien avec le fait de vouloir garder le lien avec quelque chose que nous ne voulons pas perdre. Nous voulons garder intact ce qui était avant que la perte survienne.

Reconnaître ce qui est précieux à garder à travers la perte et la douleur aide à intégrer l’expérience du deuil. Le focus se porte ailleurs que sur le manque.

Dans chaque perte, il y a le potentiel d’un gain

Dr Christiane Northrup : «  Pour créer votre plus haut potentiel et le meilleur de vous, vous devez constamment laisser aller le vieux et accueillir le nouveau ».

La chenille ne sait pas qu’elle porte un papillon en elle. Elle doit donc faire un saut dans le vide et faire le deuil de sa vie de chenille.

Être en ménopause se traduit souvent par être en deuil de soi tellement la transformation est profonde. De pouvoir garder le focus sur ce qui veut naître est d’une aide précieuse, car on découvre le diamant qui attendait d’être découvert au cœur de soi.

4 clés pour trouver le diamant

  1. Accueillir ce qui est – Ne pas mettre de résistance – Garder l’espoir. Accueillir les émotions avec la respiration sans vouloir les changer. Prendre le temps de voir le sens, l’utilité, le rôle de la douleur
  2. S’ouvrir au nouveau qui veut naître, comme pour une grossesse
  3. Reconnaître ce qu’il y a de précieux à garder – trouver le message dans la perte et l’opportunité
  4. Partager avec d’autres femmes, demander de l’aide

Osez vous donner le temps d’accueillir les changements et les pertes afin de poursuivre votre route vers l’expression de la meilleure version de votre vie et ouvrir vos ailes de femme papillon.

Laissez vos commentaires ou questions dans la boite ci-dessous.

Rita Payeur

Rita Payeur, fondatrice de Maturessence et travailleuse sociale, guide les femmes à vivre l’étape de la ménopause comme une phase naturelle de transformation. Elle a navigué à travers les défis de la ménopause. Pour elle, la transformation de la chenille en papillon est une métaphore riche d’enseignements qu’elle a adaptée pour guider les femmes à traverser les étapes physique, émotionnelle et spirituelle de cette transformation afin qu’elles puissent réclamer la meilleure part de leur vie.
Visitez son site au : www.maturessence.com