Bonheur pour tous Partie 2 : Apprivoiser ses ressentis et besoins

Apprivoiser ses ressentis et besoins
Si j’ai décidé de commencer par le thème de comment apprivoiser ses ressentis et ses besoins, c’est pour une bonne raison. Dans mon expérience et dans celle de beaucoup d’autres, c’est illusoire et impossible d’être heureux alors qu’on ne se connaît pas soi-même.

Et bien au-delà du fameux « connais-toi toi-même »… C’est juste inscrit dans l’expérience. Si je ne sais pas du tout ce qui pourrait me rendre heureuse (moi, pas le voisin ni ma mère), je ne sais pas ce que je cherche. Point.

On l’a tous vécu : ces bons conseils que tout le monde nous donne, partant d’une intention bienveillante et positive, mais qu’on n’arrive pas vraiment à appliquer à notre cas.

Pourtant ça nous paraît sensé, et puis ça a marché pour lui, pour elle… Du coup, comme ça ne marche pas pour nous, on se sent nul… et on s’enfonce encore un peu plus.

Ça vous parle ?

Moi oui… Surtout quand il y a cette quête de la perfection dont j’ai tant parlé dans l’article de mai. On ne se permet pas le fait d’avoir une faiblesse, un moment difficile, une zone de turbulence, ni même le fait de ne pas arriver à s’appliquer quelque chose qui est sensé marcher.

Je ne vais pas vous bassiner avec un discours sur le côté singulier et unique de chacun, j’aimerais plutôt passer directement à la case « besoins». Explication à suivre.

C’est très bien de savoir qu’on a froid, soif, que quelqu’un nous manque ou que notre travail ne nous plaît pas. C’est l’étape zéro.

L’étape 1 serait en toute logique de faire quelque chose pour y remédier. Sauf qu’en fait, l’action n’est pas du tout l’étape 1.

L’étape 1, c’est la compréhension des besoins qu’il y a derrière. Pour celles et ceux qui connaissent, c’est la méthode de la Communication Non Violente de Marshal Rosenberg.

Les besoins ne sont pas là où on pense

Bon, quand on a froid, le besoin est de se réchauffer… Donc l’action serait de mieux se couvrir ou de se mettre au chaud. Notez : le besoin n’est pas de se mettre au chaud ou de se couvrir… Ce sont des actions.

Le besoin est d’avoir une température du corps optimale. Là c’est facile. Et si on a la possibilité de satisfaire ce besoin, il n’y a aucune raison qu’il nous procure du mal-être ou du stress. Si on a soif, même combat, rien de compliqué.

Si quelqu’un nous manque ou si notre travail ne nous plaît pas, c’est moins évident. On serait tenté de penser que le besoin est d’avoir la personne à nos côtés, ou d’avoir un meilleur travail. Or, ce ne sont pas nos vrais besoins.

La beauté de la communication non violente est que l’on peut l’utiliser à l’intérieur de soi et pour soi-même, et pas uniquement avec les autres.

D’ailleurs, on DOIT avant tout l’appliquer à soi-même.

Beaucoup ne le font pas et ne l’appliquent que comme une méthode, mais elle devient alors une coquille vide, comme dirait mon ami Ngub Nding (d’ailleurs, ce que j’ai écrit dans cet article sur la CNV, je l’ai compris en grande partie grâce à lui, et je ne fais que le formuler avec mes mots dans un cadre déterminé).

Donc, « apprivoiser ses ressentis » veut aussi dire comprendre ses besoins. Pourquoi est-ce que mon travail ne me plaît pas ? Peut être parce que les valeurs de l’entreprise ne me correspondent pas, ou je ne m’entends pas avec l’équipe, ou le manager me harcèle, ou le salaire n’est pas assez élevé, ou… (complétez à volonté).

Si on raconte ça à quelqu’un et qu’il a connu ce genre de situation, il aura vite fait de ramener notre histoire dans son référentiel, et de tout analyser avec les critères de celui-ci.

C’est normal.

On fait tous la même chose, et ce n’est pas préjudiciable (bien que j’aime quand on écoute avant de conseiller).

Et c’est là qu’il devient primordial de faire abstraction de toutes les expériences et de tous les conseils que les autres peuvent nous donner, pour plonger à l’intérieur de nos ressentis, et découvrir par nous-mêmes notre propre contexte, avec ses nuances et ses subtilités.

On découvrira peut-être qu’en fait, le travail ne nous plaît pas parce qu’il y a un temps de trajet trop long, il nous épuise, et on le fait depuis si longtemps qu’on est lassé et ça nous met dans un état d’esprit négatif par rapport au contenu de ce qu’on fait. Et là on en est encore à l’étape 1 !

Ensuite, l’action serait peut-être de changer, ou de déménager, ou de demander une mutation… Que sais-je ?

Remplir l’action de sens

Ce qu’il faut comprendre c’est que si on loupe cette étape de la reconnaissance des vrais besoins, notre action risque d’être vide de sens, automatique, faite pour de mauvaises raisons, et donc pas inutile, mais presque… Puisque la situation risque de recommencer.

Alors que si on honore cette première étape des besoins, non seulement l’action sera pleine de sens, elle va apporter beaucoup plus de résultats positifs.

Et en plus, en chemin, on aura appris à un peu mieux se connaître, on aura compris ce qui peut nous rendre heureux, et on aura fait un véritable grand pas vers cet état de bonheur.

Le fait est qu’avec cette approche, on résout une situation ponctuelle, et on apprend à mieux connaître notre fonctionnement. On vit (ce n’est pas facilement explicable mais quand on le vit c’est juste évident) le fait qu’en comprenant un vrai besoin, on résout déjà au moins la moitié du problème que nous posait la situation.

Comprendre le besoin, c’est comprendre en même temps ce qu’on peut faire pour le satisfaire… Alors que ne pas le comprendre c’est naviguer dans le brouillard. C’est chercher des stratégies qui seront toutes vaines in fine.

En comprenant mieux nos besoins, on comprend aussi de mieux en mieux ce qui, pour nous, est ok ou pas. Ce qui est acceptable ou pas, ce qui est souhaitable ou pas, ce qui atteignable ou pas…

Et on fait nos choix beaucoup plus en conscience, on s’affirme naturellement et sans forcer. La vie ne devient pas facile, mais on sait mieux la danser.

Ensemble, vitaminons nos vies ! Laissez vos commentaires/questions dans la boite ci-dessous !

Liliya Reshetnyak

Liliya, touchée par le syndrome d’Asperger, a créé une entreprise pour aider d’autres «neuro-atypiques» à mieux s’épanouir dans leur vie professionnelle. Sa vision est celle d’un monde où les étiquettes et la normalité n’existent plus, car chacun est libre d’être lui-même partout et à chaque instant. Plus d’informations sur son site internet.

Poster un Commentaire

avatar
  Subscribe  
Me notifier des